Revue de web

Une «loi globale» contre les discriminations à Genève

En bref, l’actualité LGBTQ+ de décembre glanée dans la presse et sur les réseaux…

Une «loi globale» contre les discriminations à Genève «20 minutes» revient sur le projet de loi genevois sur l’égalité et la lutte contre les violences et les discriminations liées au genre. Le texte, qui englobe la lutte contre le harcèlement sexiste et LGBT-phobe dans l’espace public, la prévention des discriminations dans les domaines de l’enseignement et de la santé, mais aussi de suivi des besoins des familles arc-en-ciel, a été présenté par le gouvernement cantonal le 16 décembre dernier, à l’issue d’une procédure de consultation. Il sera soumis au Grand Conseil le mois prochain. «C’est un texte pionnier, car c’est la première fois qu’une loi globale est proposée sur ces questions», selon la ministre Nathalie Fontanet.

Front politique contre la PMA L’UDF ne sera peut-être pas seule à lancer un référendum contre le mariage égalitaire, tout juste voté par le Parlement. L’aile conservatrice de l’UDC et du PDC s’organise en comité pour cibler particulièrement l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes. Plusieurs ténors des deux partis précisent que leur engagement est personnel. «Ce n’est donc pas l’UDC qui est engagée, mais certains de ses membres», précise Marco Chiesa, de l’UDC, au «Matin Dimanche». Pas de quoi faire peur à Muriel Waeger, porte-parole de LOS et Pink Cross: «Nous nous réjouissons de la campagne à venir. Les sondages montrent un large taux d’approbation.»

France: l’accompagnement des jeunes trans en question L’émotion est vive en France après le suicide de F., une lycéenne de 17 ans, à Lille. Sur les réseaux sociaux, des internautes ont mis en cause l’encadrement du lycée, se basant sur une vidéo mise en ligne par l’élève elle-même. On y entend une conseillère d’éducation justifier le renvoi de l’ado parce qu’elle portait ce jour-là une jupe. Une enquête interne a été ouverte au sein de l’établissement, lequel s’est excusé d’avoir mégenré F. dans sa communication et a assuré qu’il accompagnait sa transition. Un représentant de la fédération locale des conseils de parents d’élève a rappelé au «Monde» que rien ne permettait de lier le suicide à des faits survenus à l’école. Ses camarades cités par «Têtu» assurent par ailleurs qu’elle était «bien» en classe et plutôt bonne élève. L’enquête du magazine évoque des difficultés familiales qui avaient conduit la lycéenne à s’installer dans un foyer d’aide à l’enfance.

Besoin d’aide?
En Suisse romande, diverses associations viennent en aide aux personnes en détresse, sans tabou ni préjugés. Leurs coordonnées se trouvent sur le site de Stop Suicide.
La ligne téléphonique 147 et le site 147.ch de Pro Juventute répondent 24h sur 24 et 7 jours sur 7 aux personnes ayant des idées suicidaires ou cherchant des informations ou un soutien sur ce thème. Un chat pour les jeunes est ouvert chaque lundi soir (19h-22h) sur 147.ch. Il est animé par de jeunes bénévoles formés, notamment sur les questions LGBT+.

Prison ferme après une agression homophobe au MAD La justice vaudoise a prononcé une peine de 2 mois de prison ferme contre un Irakien, coauteur d’une agression survenue au MAD en octobre 2019, rapporte «20 minutes». Elle avait démarré par un «Hey, sale pédé, dégage! Tu n’as rien à faire ici», lancé à un jeune gay accompagné de deux amies. L’une d’elles avait reçu une bouteille en plein visage et l’autre avait été empoignée par la gorge, avant l’intervention du service de sécurité. Tous trois restent très choqués, y compris par la passivité des autres clients du club lausannois. Le caractère homophobe de l’agression n’a pas été pris en compte, l’extension de la norme pénale aux faits motivés par l’orientation sexuelle n’étant entrée en vigueur qu’en juillet de cette année.

Confinement, l’épreuve de trop La vie en famille et les échanges sociaux se sont particulièrement compliqués pour les adolescents LGBT+ avec la crise sanitaire, rapporte Heidi.news. La site est allé prendre la température auprès des structures accueillant cette population vulnérable, notamment Le Refuge à Genève.

Mariage pour tou·te·s: on y est preque Le marathon parlementaire jusqu’au mariage pour tou·te·s est à bout touchant. Le Conseil national a aplani ce mercredi 9 décembre les dernières divergences avec le Conseil des États, notamment l’article sur la reconnaissance automatique de la filiation que les sénateurs ont voulu réserver aux couples de femmes ayant recours à une clinique de fertilité en Suisse. Score sans appel: 153 voix pour, 57 contre et 1 abstention. Le vote final des deux Chambres du parlement est attendu le vendredi 18 décembre, avant l’inéluctable bataille autour du référendum promis par l’UDF.

Pour les évêques suisses, la «différenciation» plutôt que la discrimination Dans un communiqué publié le 4 décembre, la Conférence des évêques suisses a exprimé avec prudence sa désapprobation du projet de mariage pour tou·te·s. Elle rappelle son opposition à toute discrimination – singulièrement en matière de rente de veuves, question laissée de côté par le Parlement. Sans surprise, l’épiscopat catholique met en garde contre les implications éthiques de l’accès à la PMA pour toutes, avançant que les enfants nés dans les familles arc-en-ciel souffriraient et auraient de la «difficulté à se construire, par l’impossibilité de connaître leur origine biologique». Les autorités ecclésiastiques plaident pour une adaptation du droit actuel autour du partenariat enregistré «comme moyen efficace de parvenir à l’égalité».

Tir groupé LGBTQ+ aux municipales bernoises Nid schächt, «pas mal», le résultat des élections communales à Berne! Après le scrutin du 29 novembre dernier, le site bern.lgbt a dénombré dix élu·e·s ouvertement gay, lesbiennes, bi, trans ou queer sur les 80 membres de la nouvelle assemblée (par ailleurs composée à 70% de femmes). Les élu·e·s LGBTQ+ représentent tout le spectre de la politique locale, de la gauche alternative jusqu’à l’UDC. Notons que sur la liste de ce dernier parti, c’est l’ancien conseiller national et fondateur des Gays dans l’UDC Thomas Fuchs qui a été le mieux élu.

Un «compromis boiteux» pour les jeunes trans* Dans la foulée de sa décision sur le mariage pour tous, mardi, le Conseil des États s’est penché ce mardi 1er décembre sur le changement d’état-civil facilité pour les personnes trans*. Il a voté pour un projet modifié par rapport à celui approuvé par le National en septembre dernier. Alors que la Chambre du peuple avait accepté l’idée que les mineur·e·s puissent s’autodéterminer sans l’accord de leurs parents ou représentants légaux, la Chambre des cantons a estimé que cela ne serait possible que dès l’âge de 16 ans. La faîtière Transgender Network Switzerland dénonce un «compromis boiteux» et «une atteinte inacceptable au bien-être des jeunes trans et intersexes». L’objet retourne au National.

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