Suisse Mariage

En finir avec la discrimination des lesbiennes en cas de veuvage

6 juillet 2020

Le mariage égalitaire est attendu en Suisse pour 2022.

La rente de veuve est aujourd’hui refusée aux lesbiennes ayant perdu leur partenaire. Cette injustice devrait être corrigée avec le mariage pour tou·te·s.

C’est une revendication de longue date de l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS). Dans le cadre du futur mariage égalitaire en Suisse, les couples de femmes seront mieux protégées en cas de décès que les couples gay dans la même situation. Les survivantes devraient toucher une rente de veuve même si elle n’ont pas d’enfants à charge, à condition qu’elles aient plus de 45 ans, rappelle le «Tages-Anzeiger». Pour les veufs, gay ou hétéros, cette rente ne concerne que les hommes élevant des enfants mineurs.

Nadja Herz, coprésidente de la LOS et avocate du travail, défend cet avantage. «Les femmes ont moins d’argent, surtout dans la vieillesse. Je le vois encore et toujours dans mon travail», explique-t-elle. Ces dernières années, l’organisation avait réclamé – en vain – le droit à la rente de veuve dans le cadre du partenariat enregistré pour les femmes ayant perdu leur conjointe. Actuellement, en effet, une mesquinerie administrative toute helvétique fait d’elles des «veufs».

Inégalité assumée

Pour l’artisane de la loi sur le mariage pour tou·te·s, la conseillère nationale Kathrin Bertschy (Vert’libéraux/BE), il était impensable de créer deux catégories d’épouses, homo et hétéro. Et tant pis pour l’inégalité entre couples lesbiens et couples gay. Aux yeux de l’UDC, au contraire, c’est la preuve que le projet est mal ficelé. «On a voulu le faire passer en force, sans se soucier des conséquences», juge le conseiller national schwytzois Pirmin Schwander. Tous deux estiment toutefois que ces dispositions, relique de l’ancien droit du mariage, sont appelées à disparaître tôt ou tard.

La loi suisse sur le mariage pour tou·te·s sera examinée par le Conseil des États lors de sa session de septembre, prélude à un probable référendum. Dans tous les cas, les premières noces ne devraient pas être célébrées avant 2022.

1 comments

J’espère que l’inégalité gay-lesbiennes mentionnée est le double avantage économique et professionnels chez Messieurs, et non une rente de veuve qui, au contraire du double avantage masculin, ne peut pas être touchée par les deux membres du couple simultanément tout au long de leur vie mais uniquement – par définition – par sa survivante, et à la toute fin du couple. Je sais que la misogynie a toujours la belle vie chez nos prétendus alliés gays mais citer l’UDC pour remettre en question une loi couvrant la femme esseulée (jamais un couple, encore par définition) qui a été moins bien payée toute sa vie, c’est très bas. Il y a bien inégalité, mais ce n’est pas celle présentée. Honte à vous.

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