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Les associations romandes unies contre un renvoi vers la Croatie

Les associations romandes unies contre un renvoi vers la Croatie
Manifestation contre les renvois vers la Croatie, Lausanne 2023. Photo: Instagram/Droit de rester

En vertu des accords de Dublin, C., jeune lesbienne burundaise, risque d’être expulsée en Croatie, pays connu pour ses violations des droits humains à l’égard des personnes en quête de protection. Une mobilisation se met en place au sein de la communauté LGBTQI+ romande pour tenter d’empêcher ce renvoi.

Selon les accords de Dublin, le premier État européen par lequel transite une personne est responsable de sa procédure d’asile. La Suisse n’entre donc pas en matière sur les requêtes de celleux dont elle a la preuve (principalement par la prise d’empreintes) qu’iels ont transité par un autre pays de l’Espace Schengen. En 2023, la Suisse a renvoyé plus de 2000 personnes dans un État Dublin, un tiers de plus que l’année précédente.

C’est particulièrement problématique pour des pays comme la Croatie. Il est bien documenté que Zagreb «viole régulièrement ses obligations de droit international public en procédant à des pushbacks illégaux et en faisant usage de la force contre les personnes en quête de protection», comme le souligne l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR).

C., jeune femme lesbienne originaire du Burundi, est actuellement exposée à un tel renvoi. Arrivée en Serbie après avoir fui son pays, elle a poursuivi sa route vers la Croatie avant d’arriver finalement en Suisse il y a un an et demi. Elle espérait y trouver enfin sécurité et protection. On lui a signifié cependant qu’elle devait, en vertu du règlement Dublin, retourner dans cet État des Balkans qu’elle préférerait ne jamais avoir traversé.

Les autorités suisses «n’entrent pas en matière» sur sa demande d’asile, selon la formule consacrée. Elles n’en ont que faire, en d’autres termes. «Après bientôt dix-huit mois ici, je n’ai pas encore pu exposer les raisons m’ayant poussées à fuir mon pays», regrette la jeune femme. Chaque jour, elle craint de recevoir un plan de vol pour la Croatie, et survit avec l’aide d’urgence.

Perspectives brisées

Peu après son arrivée dans le canton de Vaud, C. a cherché une association aidant les personnes «comme elle». Elle a rapidement trouvé Rainbow Spot, dont les locaux se trouvent à Lausanne. Les membres de l’association lui apportent le soutien dont elle manque tant, et les activités lui permettent presque d’oublier quelques instants sa détresse. Alors qu’elle poursuivait des études d’informatique dans son pays, la décision de non-entrée en matière qu’elle a reçue ne lui donne aucun droit: elle n’est pas autorisée à travailler ni à entreprendre une formation.

Outre la difficulté qu’elle éprouve à se projeter, en vivant dans la crainte du renvoi, la jeune femme vit mal les préjugés dont elle est victime. «Des gens ici pensent qu’en venant d’Afrique, on est là pour des raisons économiques, mais ce n’est pas le cas de tous, et personnellement, je suis là parce que j’ai besoin d’être protégée!»

«Les vulnérabilités ne sont pas prises en considération»

Pour Sab Masson, de Rainbow Spot, «la pratique de la Suisse en matière de protection des personnes LGBTQIA+ est très restrictive et lacunaire, quand les motifs des personnes concernées sont entendus». Dans le cas des procédures Dublin, «la vulnérabilité d’une personne ou les vulnérabilités qu’elle cumule ne sont pas prises en considération», alerte le juriste. «Nous dénonçons donc, avec de nombreuses autres associations, ces renvois Dublin, en insistant sur les vulnérabilités spécifiques des personnes LGBTQIA+, pour qui, en tant que minorité, le stress et les discriminations sont accrus et qui sont souvent isolées de leur communauté d’origine.»

Pour exiger que C. ne soit pas expulsée vers la Croatie, Rainbow Spot et tout le réseau des associations LGBTQIA+ s’est mobilisé. Une lettre commune adressée au Service de la population du canton de Vaud, alerte sur leur grande préoccupation. Ces associations appellent à ce que C. soit protégée contre ce renvoi et puisse enfin exposer ses motifs d’asile liés à l’orientation sexuelle, avec «l’espoir de se reconstruire en Suisse».