Croire qu’on peut reconnaître une lesbienne au premier regard, c’est déjà accepter une part de fantasme, de stéréotypes et de désir. Ongles courts, bague au pouce, regard qui s’attarde: entre codes communautaires, intuitions bancales et projections joyeuses, Annabelle interroge avec une pointe d’ironie ce fameux «gaydar» lesbien — et ce qu’il dit surtout de nous.
Catégorie : Chroniques
Arrêter de boire, ce n’est pas arrêter de faire la fête. C’est accepter de voir quelles relations tiennent encore sans la béquille qu’est l’alcool. Être sobre, dans nos cercles sociaux, ça change quoi? Et surtout: qui sont les ami·e·x qui restent?
Dans un corps pédé, l’obsession de la perfection prend souvent des airs de revanche: devenir désirable pour ne plus jamais être la cible. Mais à force de courir après une perfection fantasmée, une question s’impose: est-il encore victime de ces normes — ou en est-il devenu le meilleur relais?
C’était une romance digne de Call Me By Your Name: une histoire homosexuelle à la fois interdite et fondatrice, entre découverte de soi et vertige du désir. Mais quand on retire le filtre romantique, il ne reste qu’un déséquilibre: un adolescent de dix-sept ans et un homme de vingt-huit. Dans cette chronique, Dan Nieders revisite cette relation à la lumière d’un mot qu’on n’osait pas encore prononcer: grooming.
Perdue dans les codes, la nécessité de se définir, les commentaires biphobes et l’angoisse de “mal faire”, des premiers rencards interminables au craquage chez le psy, l’autrice raconte avec une sincérité désarmante teintée d’humour ses débuts dans le dating lesbien. Un récit tendre, confus et délicieusement maladroit sur l’art d’apprendre à aimer hors des cases.
Il y a des lieux où la honte s’imprime dans la peau. Les salles de gym scolaire en font partie. Entre les lignes tracées au sol et les regards qui jugent, l’enfant queer apprend à disparaître. Des années plus tard, Dan Nieders y revient. Sous les néons, les corps dansent. Et la peur se dissout.
Dans une chronique poignante, Dolo Aurore Andaloro raconte sa descente et sa reconstruction après des années d’excès, de violence et de silence. Entre mémoire traumatique et renaissance, une confession sur l’inceste, la survie et la lumière retrouvée.
Berlin perd un morceau de son âme queer. Le SchwuZ, club emblématique de la capitale allemande et refuge LGBTIQA+ depuis près d’un demi-siècle, a fermé ses portes pour de bon ce week-end. Entre larmes, paillettes et playlists nostalgiques, retour sur une dernière nuit de fête — et d’adieux.
Quand le Performative Male débarque à une soirée queer d’Halloween, le patriarcat conscient enfile ses plus jolies perles et monte sur le dancefloor, Mona Chollet serré contre lui. À mi-chemin entre sketch féministe et malaise collectif, la performance vire vite au film d’horreur social.
Et si l’hypersensibilité faisait partie de l’expérience de vie queer? Dans un monde qui demande de se blinder, beaucoup d’entre nous vivent à fleur de peau — entre lucidité, fragilité et puissance émotionnelle.
Troisième fois au Whole Festival pour moi cet été, premier en duo serré avec B.. Ce que j’appelle “la pierre sur laquelle se bâtit l’église de la queerness”: une amitié gay–lesbienne qui soigne la solitude, renverse le manque de confiance, et trace une ligne de vie. Je reviens sur mon expérience du festival dans trois chroniques, voici la troisième.
Ringards, les couples butch-femme? Certainement pas, et c’est la Gen Z qui le clame. Pierre angulaire de la sous-culture lesbienne, le duo sapphique composé d’une femme* au dress code masculin et d’une autre à l’allure féminine a longtemps été moqué et taxé de ringard. Aujourd’hui, les plus jeunes s’emparent de la dynamique butch-femme et la réinventent
Chaque scène a son peuple, chaque loop sa charge. Whole Festival 2025: un campement stratégique, un Pokédex de drogues, des baisers somptueux, et un “ra pa, ra pa pa” qui devient langue secrète. Cartographie intime d’un festival queer vu de l’intérieur. Je te raconte tout ça dans trois chroniques, voici la deuxième.
Septembre, c’est la rentrée. Pendant que certain·e·x·s reprennent le bureau, je rouvre mon carnet du Whole Festival 2025: 72h d’affilée happé dans un vortex de danse. Cris, hurlements, sueur et regards croisés: danser jusqu’à la fin du monde, et puis revenir. Je te raconte tout ça dans trois chroniques, voici la première.
J’ai nagé entre Vevey et Lausanne, j’ai croisé des hommes nus, un sourire de vigneron, quelques regards lascifs et peut-être un paradis secret pour homosexuel·x·s avertis.
