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Autoportrait en danseur

Autoportrait en danseur
Avec La Mia Danza, le réalisateur tessinois Filippo Demarchi explore sa passion contrariée pour la danse comme révélateur d’un destin. Présenté l’an passé aux Journées de Soleure, ce film intense et émouvant est désormais disponible sur Play Suisse.

Au cinéma, les récits autobiographiques prennent souvent des chemins de traverse pour réfléchir sur sa propre formation d’humain. Dans Madame (2019), Stéphane Riethauser retraçait la vie de son incroyable grand-mère pour évoquer la sienne. Chez le Tessinois Filippo Demarchi, c’est la danse qui est le révélateur d’un destin. Son premier moyen-métrage, La Mia Danza s’ouvre sur l’école de danse où, enfant, il rêvait qu’on l’inscrive, comme sa sœur.

Bien des années plus tard, sa caméra y rencontre des jeunes d’aujourd’hui qui, eux, ont franchi le pas: il y a Giorgia, Maira et un garçon, Jacopo. Demarchi filme leur ambition, leurs rêves, leur joie de danser. Il saisit aussi les regards des parents qui ne quittent pas des yeux leur progéniture. Ces rencontres alimentent la réflexion de Filippo Demarchi sur sa propre jeunesse. Pourquoi a-t-il fallu qu’il attende l’âge de 30 ans pour prendre son premier cours de danse? Qu’est-ce qui l’a poussé à faire, plutôt, du foot et du violon?

Écheveau de non-dits

Sur fond de photos et vidéos de famille, de rushes de son premier caméscope et même d’aquarelles, le cinéaste retrace cette histoire, tente de démêler un écheveau de non-dits, de discrètes injonctions sociales et parentales qui l’ont éloigné de cette passion pour la danse. Jusqu’à ce que l’homosexualité se révèle, et brise (au moins un peu) un destin qui semblait tout tracé.

Dix ans après les très remarqué Taglia Corto! qui abordait de front le coming-out familial, Demarchi revient alors interroger ses parents, cette fois à propos de ce rendez-vous manqué (ou du moins retardé) avec la danse. Gros plan sur la mère, qui avait tant aimé les claquettes, comme on le voit sur une troublante ancienne vidéo. Puis sur le père, qui plonge ses yeux noirs dans l’objectif de son fils et lance un désarmant: «Et toi, tu es content de ton papa?»

Moins que la danse elle-même, La Mia Danza semble interroger cette drôle de chose qu’on appelle une vocation. Et tant pis si celle-ci n’est pas «convenable» pour un garçon. Jacopo, qui enchaîne pointes et entrechats au milieu d’un groupe de filles, témoigne: «Dès que mon corps bouge avec la musique, je sens que c’est ce que je dois faire.» Dans cet appel à danser, il y a un mystère que Filippo Demarchi préserve, et donne à voir jusque dans sa propre danse.

La Mia Danza, de Filippo Demarchi (2023), est visible gratuitement sur la plateforme Play Suisse playsuisse.ch