Madame fait valser les tabous

Le cinéaste romand Stéphane Riethauser se livre dans un passionnant autoportrait sous forme d’hommage à sa grand-mère, personnalité d’exception disparue il y a quinze ans.

Elle lui offre une petite caméra et il commence à la filmer lors de son 90e anniversaire. Quinze ans après sa mort, en 2004, on plonge dans l’intimité d’une incroyable relation entre Caroline, grand-mère peu banale et son petit-fils Stéphane Riethauser, auteur de «Madame», qui leur est consacré.

Mis à nu, les deux protagonistes se confient sur la sexualité, la condition féminine et leur difficile rapport au sexe opposé. Fille d’immigrés italiens promise à une vie domestique dans les années 20 mais réussissant à s’imposer en femme d’affaires dans un univers masculin, Caroline était devenue une pestiférée.

Transmission
Formaté hétéro au sein d’une famille bourgeoise, Stéphane a craint de l’être en faisant son coming out à 22 ans. Évoquant l’éducation en forme de lavage de cerveau de l’époque, Stéphane Riethauser explore la transmission de l’identité de genre dans un monde patriarcal hostile à la différence. D’où un dialogue remettant en question les tabous, entre cette charismatique vieille dame et le bouillant activiste gay. Tous deux ont dû lutter pour être qui ils étaient, au risque de se faire rejeter.

» Dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 23 octobre. www.madamefilm.com

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