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Laia Abril expose l’hystérie collective

Laia Abril expose l’hystérie collective
Photo: Khashayar Javanmardi/Elysée Plateforme 10

Nominée en 2019 au Prix Elysée pour son projet On Mass Hysteria, Laia Abril est de retour à Lausanne avec une ode à la fois rageuse et touchante aux femmes. Par son approche précise, presque chirurgicale, elle décrit ce qu'il faut endurer pour traverser un traumatisme collectif et la violence commune qui en découle, mettant ainsi en lumière l'étendue de traumatismes générationnels dans certaines communautés.

Par Tessa Roy pour BØWIE Creators, article original en anglais.

Laia Abril est une artiste espagnole née en 1986 à Barcelone. Elle utilise la photographie, les archives et le multimédia pour créer des projets engagés socialement qui parlent d’enjeux féministes, s’appuyant sur des considérations sociologiques, historiques et anthropologiques. Ses œuvres sur le traitement du corps en général et du corps de la femme plus particulièrement l’ont conduite à être remarquée. Qu’il s’agisse d’automutilation, de troubles alimentaires, d’agressions sexuelles, de viols, d’avortements ou de menstruations, l’artiste ne cesse de travailler sur des sujets politiques. Disposant d’une formation en journalisme et mue par un amour pour les archives, elle approche son travail d’une manière humaine et sensible, racontant des histoires avec délicatesse, talent et humanité tout en gardant une forme de chaleur et d’émotion en son centre.

Ses projets sur le long terme traitent de traumatismes transgénérationnels, de réécriture ou de la découverte de l’Histoire des femmes. Nommé au Prix Elysée en 2019, On Mass Hysteria est un chapitre de son projet à plus grande échelle intitulé A History of Misogyny. Ce volet spécifique est à voir au Musée de l’Elysée à Lausanne.

Hystérie collective

Cette mass hysteria, ou “hystérie de masse” en français, également appelée “hystérie collective”, fait référence à un phénomène dans lequel un groupe d’individus, partageant souvent un contexte social ou environnemental commun, éprouve une gamme de symptômes physiques ou psychologiques perçus comme étant causés par une situation ou un événement spécifique.

« We Want Blood » © Laia Abril, courtoisie Galerie Les Filles du Calvaire

En s’appuyant sur des exemples réels tels que les procès de sorcières à Salem, des crises de rire incontrôlables au Mexique ou des évanouissements frappant des adolescentes afghanes pour ne citer que ceux-ci, Laia Abril propose une lecture nouvelle des causes et des effets de ces traumatismes collectifs vécus par ces femmes et ces jeunes filles. Le projet remet en question la vision médicale et psychologique dominante à propos de ces événements inexpliqués, des approches qui rejettent la faute sur les femmes alors que la médecine traditionnelle ne peut expliquer les causes de leurs maladies. L’artiste souligne les causes émanant de facteurs sociétaux – l’oppression sociale et politique notamment – pour expliquer ces mystérieuses pathologies, tout en mettant en lumière les moyens de protestation historiquement mobilisés par les femmes concernées et transmis de génération en génération.

Éclairé du point de vue de Laia Abril, l’hystérie devient ainsi un lieu de mobilisation pour les femmes de toutes les générations. S’éloignant d’un regard condescendant qui les pathologise sans fin, l’artiste met en lumière la souffrance collective, rend visible une violence globalisée et déploie les bases d’un sentiment d’identité puissant.

Mass Hysteria de Laia Abril au Musée de l’Élysée, Lausanne. Jusqu’au 1er octobre 2023
Plus d’infos: elysee.ch

Images de Laia Abril, avec l’aimable autorisation de la Galerie Les Filles du Calvaire à Paris.