Tendances

En selles, Mesdames!

A l’heure du boom de la bicyclette, au début du vingtième siècle, le vélo au féminin ne va pas de soi. On craint pour la santé, la morale et la réputation de la femme qui pédale. Repères.

Avec la bicyclette, c’est tout le corps des femmes qui se met en mouvement. Finie la position de l’amazone à cheval avec les deux jambes du même côté. Les femmes enfourchent leur vélo, portent des pantalons bouffants et deviennent libres de leurs mouvements. Il aura fallu lutter pour cela ! Parallèlement aux suffragettes qui demandent le droit de vote, des femmes luttent pour obtenir cette liberté pratique et quotidienne que représente l’usage du vélo. Les oppositions morales et hygiénistes sont pourtant nombreuses. La bicyclette est décriée en tant qu’objet masturbatoire et masculinisant… quelle horreur !

Unité de lieu
Avec le vélo, les femmes échappent à la surveillance, sortent du foyer et investissent l’espace public brisant ainsi l’unité de lieu à laquelle elles étaient assignées. Cet appel d’air est si fort qu’il transforme le code vestimentaire des femmes. Jusqu’au XIXe siècle, les vêtements entravent leur corps. Mais pour pédaler, les femmes se mettent à porter la culotte ! Elles revendiquent des habits pratiques et le port des pantalons. Ce mouvement sera connu sous le nom de rational dress aux Etats-Unis.

Le genre en question
Si à l’heure actuelle la pratique du vélo est acquise pour les femmes dans nos contrées, elle fut d’abord considérée comme contre-nature, le fait de femmes dégénérées. On retrouve cette question du genre dans toutes les pratiques sportives et notamment dans le cyclisme professionnel au féminin. Si le sport peut faire évoluer les normes de genre – le vélo comme outil d’émancipation des femmes – il contribue aussi à l’ancrage de ces normes. Le cyclisme professionnel reste un sport plutôt masculin. Les hommes sont plus nombreux à le pratiquer, et le vrai cyclisme, celui dont on parle dans les médias, malgré la célébrité d’une Jeannie Longo, reste celui des hommes. Car les femmes doivent rester féminines, c’est bien connu. Ainsi la pratique du patinage artistique ou de la natation synchronisée correspond mieux à ce que l’on attend d’elles. Boxeuses, footballeuses et cyclistes, elles transgressent les normes de genre avec leurs corps musculeux et masculins.

2 comments

ben dis donc dire qu’il y a peine moins de 1 siècle on croyait que les femmes faisaient du vélo comme un pretexte pour se masturber. oO
hallucinant n’est-ce pas?! Comme si elles avaient besoin de vélo pour ça alors qu’elles pouvaient très bien se masturber en douce dans leur chambre, dans leur maison où en allant faire une petite promenade dans les bois.
Comme quoi, les hommes et les soit disant moralisateurs de l’époque étaient complétement attradés…remarquez même de nos jours dans notre société ils demeurent pour beaucoup d’entre eux encore des attardés!

Et .. quand les hommes font du vélo .. ça ne leur écrase pas quelque chose ? Ça ne risque pas de les rendre stériles ?? Mouahahahahahaha !

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