Tendances Madrid

La couronne de Mister Gay décernée à un «héros» de la pandémie

22 mai 2020

Photos Instagram @fj_alv

En première ligne de la lutte contre le coronavirus – en tant que soignant et patient – l’Espagnol Francisco José Alvarado a été désigné Mr. Gay World Pride 2020.

En temps normal, les élections de Mr. Gay, on s’en fiche comme du premier chapeau de Mme de Fontenay. Ce type de concours, qui a eu son heure de paillettes dans les années 1990 et 2000, se déroule désormais de façon assez confidentielle sur les estrades de boîtes de nuit et en marge des Pride. Mais faisons une exception pour l’édition 2020 de Mister Gay World Pride. Au lieu d’annuler le concours, ses organisateurs ont annoncé la semaine dernière que la couronne virtuelle serait décernée cette année au premier dauphin de l’édition 2019. Il s’appelle Francisco José Alvarado, il a 30 ans, un corps délicieusement charnu et un sourire désarmant.

Heureux hasard ou opportunisme malin, Mister Gay World Pride célèbre ainsi un «héros» de la pandémie. Car Alvarado est un médecin généraliste ouvertement gay dans une policlinique du quartier de Lavapiés, à Madrid. Il a été sur le front du coronavirus à sa manière, puisqu’il a contracté la maladie dès le début de l’épidémie dans la capitale espagnole, dans les premiers jours du mois de mars.

Témoigner
Pendant ses 19 jours d’isolement chez lui, dans un appartement en colocation, il a utilisé son compte Instagram pour témoigner et répondre aux questions de ses followers, avant de reprendre le boulot au pire de l’épidémie, au début du mois d’avril.

Le trentenaire a accueilli son titre avec fierté. «Ça a été un grand bol d’air frais dans les circonstances actuelles», a-t-il expliqué à la revue «Redacción Médica», faisant référence au climat social, politique et économique catastrophique en Espagne.

Un rôle à jouer
Pour Alvarado, déjà élu Mr. Gay Pride España en 2018, participer à de tels concours de beauté n’est pas une démarche futile, même si cela est difficile à comprendre pour certains de ses collègues. «C’est une activité récréative qui peut remettre en cause votre professionnalisme. Mais je crois que par ce biais, on peut faire beaucoup en matière de santé communautaire et d’éducation à la population.» Et de citer la lutte contre l’homophobie – y compris au sein du personnel médical. «Beaucoup de professionnels de la santé n’arrivent pas mettre de côté leurs jugements moraux», ajoute-t-il, ce qui dissuade les patients LGBTQ+ à consulter pour certains problèmes de santé, ce qui devrait être leur droit.

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