Suisse «Ex-gays»

La Suisse, refuge pour les adeptes des «thérapies de conversion»

21 mai 2020

Markus Hoffmann, dirigeant de Wüstenstrom. Capture vidéo: Voice of the Silenced.

Un des plus importants groupes allemands prônant la «restauration identitaire» des personnes LGBTQ+, pratique récemment mise hors la loi par Berlin, a annoncé son déménagement.

Le fer de lance des thérapies de conversion en Allemagne plie bagage. Dans la foulée de l’interdiction de ces pratiques, décidée par le Bundestag au début du mois, la Bruderschaft des Weges («Confrérie du Chemin») et l’Institut für dialogische und identitätsstiftende Seelsorge und Beratung («Institut de pastorale et de conseil pour la restauration identitaire par le dialogue») ont annoncé leur enregistrement en tant qu’association suisse, rapporte Queer.de. Il s’agit manifestement pour ces groupes de se mettre à l’abri des poursuites pénales qui guettent les guérisseurs de LGBTQ+ mineurs: 1 an de prison et 30’000 euros d’amende.

La Fraternité et l’Institut sont des émanations de Wüstenstrom, version allemande du mouvement évangélique américain Desert Stream (aussi connu dans le monde francophone sous le nom Torrents de vie), lui-même issu du groupe Exodus International, aujourd’hui dissout. En Allemagne, ils sont dirigés par un théologien et psychothérapeute nommé Markus Hoffmann, un des principaux opposants à la loi anti-«thérapies de conversion». Sur le site l’Institut, il se dit victime de «discrimination» et déplore de voir les «frères privés du droit de parler de leur vie et de leurs expériences en matière de sexualité».

En Suisse, des pratiques bannies, mais pas trop
Aucun détail n’a été donné sur le point de chute helvétique de Wüstenstrom. Depuis l’autre côté du Rhin, l’institut entend toutefois continuer d’être auprès de ceux qui «vivent une sexualité conflictuelle et qui veulent travailler librement et en confiance à la compréhension de leur sexualité». Rappelons qu’en Suisse les «thérapies de conversion» sont de facto bannies, même si plusieurs cas ont été dénoncés ces dernières années. Mais le Conseil fédéral n’a pas jugé utile d’inscrire cette interdiction dans la loi, comme il l’a répété en septembre dernier, estimant que le cadre déontologique actuel était suffisant. À Genève, les Verts ont malgré tout déposé le 17 mai une proposition dans ce sens à l’échelle cantonale. Bâle et Zurich auraient des projets du même type.

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