Malaise croissant parmi les ados

Violences, discriminations et mal-être sont en hausse chez les 14-15 ans neuchâtelois, relève une recherche menée auprès de 1700 élèves. Pour la première fois, les ados gay et lesbiennes y sont pris en compte.

Une étude de Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP, à l’Université de Lausanne) propose une radiographie des ados neuchâtelois, rapporte «ArcInfo». Quelque 1700 élèves ont été interrogés et les résultats comparés à un sondage analogue mené sept ans plus tôt.

Le bilan est préoccupant, il fait état d’une progression marquée des tendances dépressives, centrées chez les filles (53% en 2017 contre 45% en 2010). Le nombre de jeunes disant avoir tenté de mettre fin à ses jours a doublé sur la même période, passant de 6 à 11% chez les garçons et de 8 à 16% chez les filles. «Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 29 ans», rappelle à ce propos le médecin cantonal neuchâtelois Claude-François Robert.

«Minorités sexuelles»
Cette période de fin de l’école obligatoire semble être celui où la violence et au harcèlement – et singulièrement le cyberharcèlement – sont les plus fréquents. Ce n’est pas une surprise, les jeunes LGBT en sont proportionnellement davantage victimes. Ce paramètre des «minorités sexuelles» a d’ailleurs été inclus pour la première fois dans l’enquête.

Au sein des 10% de filles et des 5% de garçons déclarant une «attirance sexuelle non exclusivement hétérosexuelle», 38% disent avoir reçu des gifles, des coups de poing ou de pied (contre 27% dans le reste de l’échantillon),14% se disent victimes de délits contre l’intégrité sexuelle (contre 7%), et 16% de délits violents (contre 9%).

Victimes, mais aussi auteurs de harcèlement
Près du quart des élèves LGBT témoignent de harcèlement, contre à peine plus de 10% chez leurs camarades hétéros. Ils sont en outre 7% à se plaindre de discriminations de la part de leurs enseignants (contre moins de 3%). Fait troublant: l’étude relève aussi que les jeunes «non exclusivement hétérosexuels» sont plus nombreux à reconnaître être auteurs de harcèlement (14% contre 6%).

Le rapport de l’IUMSP recommande «de continuer les efforts initiés il y a quelques années afin de promouvoir un milieu scolaire inclusif qui lutte activement contre la stigmatisation, la discrimination et toutes les formes de LGBTQ-phobies». Plus généralement, il note également la méconnaissance par les jeunes des ressources à leur disposition en cas de détresse, comme les médiateurs scolaires, des sites comme ciao.ch ou la ligne d’aide et de conseils pour les jeunes 147. Pour les ados LGBT, des fédérations et associations locales ont également mis en place des groupes dédiés: c’est le cas notamment de VoGay dans le canton de Vaud et de Totem à Genève.

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