Jamel était élevé par sa maman, Leia, tout comme ses deux soeurs.

«Personne ne devrait être tourmenté pour la façon dont il s’identifie»

Le harcèlement scolaire aurait poussé au suicide un garçon de 9 ans, Jamel Myles, qui avait fait un coming-out précoce auprès de ses camarades.

Le suicide d’un écolier de 9 ans à Denver (USA) a soulevé une lame de fond sur les réseaux sociaux et dans la presse américaine. C’est la maman de Jamel Myles, Leia, qui a révélé que son fils s’était donné la mort jeudi passé dans sa chambre. Le drame s’est déroulé après que Jamel avait dit à sa classe qu’il était gay lors de la rentrée scolaire, quelques jours plus tôt. Il aurait alors été violemment chahuté par ses camarades. Un de ses copains lui aurait dit «d’aller se tuer», selon une des ses sœurs.

«J’ai perdu une raison de respirer… mon coeur, mon soleil, mon fils… Il était harcelé et je ne le savais pas. Avant qu’il ne soit trop tard», a écrit Leia Pierce, 31 ans, sur Facebook.

La tragédie a fait les gros titres de la presse locale et nationale. «Nous pouvons et devons agir pour nous assurer que cela ne se reproduise plus. Nous devons célébrer la singularité de chacun. Le harcèlement scolaire est inacceptable», a réagi l’élue démocrate au Congrès du Colorado Leslie Herod, qui s’exprimait «en tant que membre de la communauté LGBT qui a fait son coming out plus tard dans la vie».

Donner «un exemple d’amour, de respect et de dignité»
L’école de Jamel, la Joe Shoemaker Elementary School, a présenté ses condoléances à la famille «Personne ne devrait être tourmenté pour la façon dont il s’identifie. Il faut que nous tous – parents, éducateurs et élèves – donnions un exemple d’amour, de respect et de dignité pour nos jeunes LGBTQ+.» Une enquête interne a été ordonnée dans l’établissement, où une cellule psycho-sociale a été dépêchée.

Phénomène préoccupant chez les ados, le suicide est beaucoup plus rare, mais également en hausse chez les enfants préadolescents américains, note «USA Today». Chez les 5-12 ans, il serait plus marqué chez les enfants noirs. Or Jamel était métis, comme le sont ses deux grandes sœurs. L’une d’elles fait également face au harcèlement scolaire, explique par ailleurs Leia Pierce au «New York Times». L’association Mental Health Colorado a appelé à mettre des moyens financiers dans le screening psychologique des élèves, même dans les classes élémentaires. «On teste bien les problèmes d’audition et de vision, or il y a une connexion forte entre la santé mentale d’un enfant et ses performances scolaires.»

» En Suisse romande, diverses associations viennent en aide aux personnes en détresse, sans tabou ni préjugés. Leurs coordonnées se trouvent sur le site de Stop Suicide et de sa campagne Là pour toi.

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