Suisse

Travailleuses du sexe trans: isolées et cloitrées

La prostitution dans la population trans de Suisse romande est en pleine mutation. Le travail de prévention devient de plus en plus compliqué.

«Le constat est frappant, il y a une migration des travailleuses du sexe trans vers les lieux fermés», souligne Carole Besse de la fondation Agnodice qui œuvre pour la promotion d’une société considérant les variations de l’identité de genre et du développement sexuel comme une richesse relevant de la diversité humaine. Depuis le début de l’année, ces femmes sont de plus en plus nombreuses à déserter les pavés de Suisse romande pour pratiquer en salon ou en studio. Et elles le font savoir par le biais de la presse écrite ou sur la Toile. Depuis quelques mois, certains journaux ont même noté une hausse des petites annonces trans. Problème : les acteurs sociaux sur le terrain n’ont pas toujours accès à ces lieux fermés et le message de prévention se perd. Une situation alarmante sur le plan de la santé.

«Les travailleuses du sexe trans sont l’une des populations les plus touchées par le VIH», affirme David Perrot, directeur du Groupe sida Genève. Ce risque de contamination est renforcé en raison notamment, des demandes des clients. «Ils réclament beaucoup de rapports non protégés autrement dit, ils veulent du sperme partout», précise Erika Volkmar, présidente d’Agnodice.

On estime à environ 300 le nombre de travailleuses du sexe trans en Suisse romande. Cependant, aucun chiffre officiel n’existe. Ni la brigade des mœurs, ni l’association Aspasie ni même le Groupe sida ne font la distinction entre femmes, hommes et trans. Une lacune de taille, qui marginalise davantage ces personnes de moins en moins visibles dans la rue.

Pas d’accès
«Nous n’avons pas de porte d’entrée dans les lieux fermés pour le moment, constate Carole Besse. En plus, ça bouge énormément et la large majorité de ces femmes est étrangère. Certaines ne sont parfois là que pour quelques jours». Même son de cloche pour Erika Volkmar: «Il faut entrer en contact avec ces personnes par téléphone mais souvent la barrière de la langue complexifie notre tâche.» Un isolement né notamment de la baisse des tarifs.

A Lausanne par exemple, où la proportion de travailleuse du sexe trans est la plus élevée de Suisse romande, soit 30%, le constat est clair. «Il y a un matraquage des prix depuis quelques années, affirme Carole Besse. Les prostituées qui se trouvent dans la rue disent que c’est une catastrophe. Aujourd’hui, elles acceptent de faire des fellations pour 30 ou 40 francs. Une réalité qui explique en partie cette migration vers les espaces fermés où les tarifs sont plus élevés.» Pour Erika Volkmar, ce déplacement trouve également une autre explication: «L’espace accordé à la prostitution est restreint à Lausanne. Il y a un mouvement de limitation. Par exemple, dans certaines zones réservées à la prostitution, on construit aujourd’hui des logements.» Afin de répondre à ce changement, la fondation met donc en place de nouvelles stratégies.

L’alternative du web
«Depuis deux mois, nous faisons de la prévention gratuite sur des sites internet comme Anibis et nous comptons aussi investir les réseaux sociaux, détaille Carole Besse». Une nouveauté que d’autres acteurs sociaux accompagne. «Nous allons développer une collaboration avec Agnodice sur la question de la prévention sur internet, explique Marianne Schweizer, de l’association Aspasie. Le milieu de la prostitution se transforme constamment, et nous devons être à l’écoute en nous adaptant. Avec le développement des nouvelles technologie, la prévention sur le web devient nécessaire». Actuellement, ces projets n’en sont encore qu’à leur début. D’ici à un an, les messages de prévention sur la toile devraient se multiplier.

Des chiffres pour exister

«Le fait qu’il n’existe pas de statistique propre aux trans pose un problème de santé public», affirme Erika Volkmar. C’est pourquoi l’Office fédérale de la santé public (OFSP) a mis en place en février 2014, une collecte de donnée baptisée BerDa. ll s’agit d’un outil internet qui permet, sur la base d’un questionnaire, d’établir automatiquement le profil à risque du demandeur de test de dépistage du VIH. «Dans ce questionnaire, la première demande concerne le sexe de la personne, explique Erika Volkmar. Dans les réponses possibles on trouve en plus de hommes ou femmes, transgenre ou intersexe. Une nouveauté qui permet d’obtenir des données statistiques sur les trans». C’est un premier pas car, sans ces données statistiques, il est difficile d’identifier clairement cette population et donc d’adapter la prévention.

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16 mai 2015   Thèmes: Étiquettes : , , , ,

1 comments

moi j’aime bien quelque fois aller chez une trans
personnellement je n’ai jamais demandé « sans capote » par contre faut surveiller le partenaire si vous voyez ce que je veux dire….
rien n’est tout noir ou tout blanc
la grande partie des clients qui vont chez les trans veulent se faire prendrent….au moins 90 pour cent des clients…
on incrimine toujours les clients…

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