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5 juin: ces UDC qui disent oui

L’UDC mènera-t-elle une campagne très active contre le partenariat? Tous les politiciens ne partagent pas cette idée et dénoncent les arguments limités de leurs collègues de parti. Quatre témoignages dans les rangs UDC.

Yvan Perrin
«J’ai été confronté à la détresse des homos»

«Nous n’avons certainement pas besoin d’une loi qui ouvre les frontières de la Suisse, en sacrifiant à l’illusion d’une société multiculturelle.» Lorsqu’il parle des étrangers, le moins que l’on puisse dire est que le conseiller national Yvan Perrin n’est pas un tendre. C’est même plutôt du côté des ultras qu’on rangerait ce Freysinger neuchâtelois. Dès lors, n’est-ce pas surprenant d’apprendre que l’homme est favorable à la Loi sur le partenariat? Pour Yvan Perrin, ce Pacs suisse servira simplement à faire «tomber un certain nombre d’inégalités de traitement.» «Je ne dirais pas que je suis progressiste! Simplement, que ce soit dans le cadre de mon métier de policier ou dans mon entourage, j’ai été confronté plusieurs fois à la détresse de personnes homosexuelles qui n’osent pas assumer leurs préférences. Beaucoup sont encore obligées de se cacher. Le partenariat permettra d’améliorer cette situation en favorisant l’acceptation de l’homosexualité», explique-t-il. En revanche, en ce qui concerne d’éventuelles revendications homoparentales, le jeune loup est clair: «J’imagine qu’elles viendront, mais à ce moment-là, ce sera sans moi!»

Thomas Schmidt
«Certains collègues ne réfléchissent pas»

On trouve du côté de l’aile dure du parti un autre partisan du partenariat: Thomas Schmidt, ancien président des Jeunes UDC suisses. «La Constitution fédérale prônant l’égalité de tous les citoyens et la non-discrimination, les homos ne doivent pas échapper à la règle», souligne le jeune homme, qui, en d’autres circonstances, n’a pas pour habitude de brandir le principe de non-discrimination… A ce jour, ce haut gradé de l’armée s’est plutôt présenté comme un fervent défenseur du particularisme suisse contre l’intégration européenne et comme un partisan d’une politique d’immigration des plus ferme. Contradictoire, le discours de Thomas Schmidt? «Le partenariat permettra à pas mal de monde de rentrer dans une situation plus “réglo”», avance le Valaisan. Il souligne aussi que les membres de l’UDC qui s’opposent à cette nouvelle loi «appartiennent aux couches conservatrices catholiques. Ils pensent à tort que l’on ne naît pas gay mais qu’on le devient». Et d’ajouter sans ciller: «Certains UDC sont toujours contre tout, du moment qu’on veut changer quelque chose. Ils ne se donnent pas la peine de réfléchir: si c’est étrange ou étranger, ils sont contre.»

Thomas Fuchs
«Ce qui me gêne, ce sont les arguments primaires»

«Les politiciens et politiciennes devraient être fiers de leurs couleurs, ce qui ne veut pas dire qu’il faut qu’ils marchent dans la rue en tutu rose ou habillés de cuir», plaisante Thomas Fuchs. Cet activiste de longue date des Jeunesses UDC et aujourd’hui membre UDC au Grand Conseil bernois se dit prêt à mettre son nom au service du oui. «Nous devons amener le public à comprendre que l’homosexualité et la bisexualité ne sont pas un choix mais une réalité innée.» Thomas Fuchs ne voit pas de contradiction entre son travail de politicien UDC et son combat pour le partenariat. «La communauté devrait se sentir valorisée par l’engagement de politiciens UDC. L’UDC est tout de même le plus grand parti suisse, à la force électorale la plus élevée.» Et d’ajouter qu’il existe indiscutablement parmi les électeurs UDC une partie qui se sent directement concernée. De plus, Fuchs fait confiance aux partis bourgeois quant à leur soutien majeur au partenariat. Par rapport aux Neinsager de son propre parti, il suit la devise: expliquer, informer, réduire les préjugés. Certaines personnes, pense-t-il, ne pourront jamais être conduites à voter oui. «Ce qui me gêne ce sont les jugements à l’emporte-pièce et des argumentations primaires. Par exemple, l’argument qui dit qu’il faut refuser cette nouvelle loi parce qu’elle ne concerne qu’une petite minorité est pour moi indéfendable.»

André Bugnon
«Il faut être pramatique»

Le Conseiller national vaudois André Bugnon, lui, fait partie des modérés, et soutient aussi le Pacs… mais du bout des lèvres: «Il est inutile de jouer à l’autruche: l’homosexualité existe et il faut bien, par pragmatisme, trouver une solution pour régler la problématique de la vie en commun des couples homosexuels, même si j’ai de la peine à comprendre ce phénomène, à mon avis contre-nature.» Mais pourquoi alors la majorité des UDC garde-t-elle la tête dans le trou? «Pour des raisons d’éthique religieuse. Mais personnellement, je ne pense pas que le Pacs mette en péril la famille traditionnelle. On ne devient pas homosexuel parce que la loi le permet, mais parce que cela correspond à une tendance de la personne concernée.» A l’UDC, les croyances ont la vie dure, mais elles ne sont pas toujours incompatibles avec un peu de bon sens.