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Faire de l’Europe une «zone de liberté LGBTIQ»

Le Parlement européen a débattu hier d’une proposition mettant le droit des personnes LGBTIQ au cœur des valeurs fondamentales de l’UE, n’en déplaise aux gouvernements polonais et hongrois.

Passer par-dessus les législations locales discriminatoires et imposer un socle de droits commun: c’est l’idée qui a été débattue hier au Parlement européen. «Nous savons que nos vies sont encore en danger, nos droits restreints, notre liberté étouffée dans beaucoup trop d’endroits dans l’UE», a déclaré l’élue allemande Terry Reintke, coprésidente de l’intergroupe LGBT.

Déposée à l’occasion du 2e anniversaire de la création des premières «zones sans idéologie LGBT» (décrétées depuis par une centaine de collectivités publiques) en Pologne, la proposition vise à créer une «zone de liberté LGBTIQ» symbolique à l’échelle de l’Union. L’enjeu est également de muscler les sanctions politiques ou financières en cas de violation des valeurs de l’UE par un État membre, et en premier lieu la Pologne et la Hongrie.

Le projet de «zone de liberté LGBTIQ» bénéficie du soutien de la Commission européenne, comme l’a rappelé la commissaire à l’Égalité Helena Dalli. La sociale-démocrate maltaise a dédié sa prise de parole à son petit-fils, né deux heures plus tôt. «Cher Benjamin, je souhaite que tu vives dans une Europe sans haine.»

En novembre, la Commission avait présenté un vaste plan contre les discriminations. Elles comprenaient notamment la reconnaissance des familles arc-en-ciel dans les 27 pays de l’Union.

«Colonialisme»

On s’en doute, les eurodéputés nationalistes et conservateurs, comme ceux du PiS au pouvoir à Varsovie, ont fulminé pendant la séance. L’un d’eux a accusé les voisins de la Pologne de «colonialisme»: «Ils veulent nous enseigner leur nouvelle culture». Un de ses collègues bulgares au sein du groupe Conservateurs et réformistes européens a osé lancer que la proposition «ouvrait la porte à la maltraitance des enfants et à la pédophilie.»

Quant à l’AfD allemande, ses eurodéputés ont ramené le débat à leur thème favori, note Queer.de, en prétendant que le facteur principal de l’homophobie en Europe était l’«immigration de masse» musulmane.

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