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Sélection queer à Visions du Réel

Sélection queer à Visions du Réel
Orlando, ma biographie politique, de Paul B. Preciado

Majeur dans son genre, le film documentaire, Visions du Réel présente depuis 52 ans des œuvres singulières et audacieuses. Au sein de son copieux programme notamment enrichi par la présence de la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher et du cinéaste suisse Jean-Stéphane Bron, nous en avons retenu cinq évoquant des thématiques queer.

Casa Susanna

C’est une histoire queer méconnue que fait revivre le Français Sébastien Lifshitz. Celle de ce refuge créé en 1962 par Susanna, née Tito, à Hunter dans l’État de New York. Il abritait le premier réseau clandestin où se réunissait une communauté de femmes trans*. Diane et Kate, qui toutes deux faisaient partie de l’organisation secrète, ont aujourd’hui 80 ans. Elles racontent cette histoire, reflet d’une époque où leurs réalités étaient un crime. Tout en reliant ce chapitre oublié aux luttes actuelles contre «l’empire normatif binaire», le réalisateur évoque la difficulté de s’épanouir dans une société qui ne veut pas de vous. C’est édifiant, touchant, souvent bouleversant, mais aussi plein d’humour et d’autodérision.

Projection le 21 avril à 15h30.

Mother Saigon

Entre marginalité et tradition, Khoa Lé nous fait découvrir la réalité de la communauté LGBTQI+ au Vietnam, où la culture familiale s’accroche envers et contre tout, même lorsque les liens du sang sont brisés. Mettant toujours l’humain au cœur de sa démarche, le réalisateur montréalais livre ainsi une mosaïque de portraits intimes pour explorer sa quête d’amour, de désir, d’acceptation, de connexion et d’appartenance. Son film se présente comme une lettre d’amour à la fois mélancolique et lumineuse à Saïgon, ville vibrante qui ne dort jamais, aussi oppressive que libératrice.

Projection le 22 avril à 20h45.

Dildotectonics

Dans ses films, la jeune réalisatrice portugaise Tomas Paula Marques se penche sur les difficultés auxquelles sont confrontés les gens lorsqu’ils remettent en question les attentes en matières de genre et de sexualité. Avec Dildotectonics, elle propose un brillant mélange d’objets, d’époques et de lieux. Godes en céramique destinés à dépasser les jouets sexuels cis-normatifs, amour interdit de Josefa et Maria pendant l’Inquisition, ou encore une narration chantée. Autant d’éléments divers lui permettant de donner libre cours à une recherche de plaisir, affranchie de toute contrainte normative.

Projection le 23 avril à 16h15

Baby Queen

Signé du Singapourien Lei Yuan Bin, ancien élève de Berlinale Talents, l’opus brosse avec tendresse le portrait d’Opera Tang, drag queen dont les looks extravagants font couler beaucoup d’encre. Le cinéaste évoque aussi bien ses performances recherchées que sa vie intime, notamment sa relation avec sa grand-mère. Il laisse découvrir un personnage en construction, tout en dénonçant l’hostilité de la Cité-Etat de Singapour à l’égard des communautés LGBTQI+.

Projections le 23 avril à 18h15 et le 24 avril à 17h30

Orlando, ma biographie politique

La masculinité et la féminité sont des fictions politiques et sociales. La transition n’est pas un parcours entre les deux mais un voyage en terre inconnue. Être trans*, c’est découvrir l’envers du décor de la différence sexuelle et de genre, nous dit en substance Paul B Preciado. Le philosophe et militant transgenre espagnol passe derrière la caméra avec Orlando, ma biographie politique. Pour son premier long métrage, il s’inspire du roman éponyme de Virginia Woolf. Publié en 1928, l’œuvre raconte, sur 400 ans, les aventures d’un noble anglais. Né garçon, il se réveille un beau matin femme au milieu du récit.

Près d’un siècle plus tard, le cinéaste envoie donc une lettre à la célèbre écrivaine, pour lui apprendre qu’Orlando est devenu une réalité. Une trentaine de personnes trans* et non-binaires de 8 à 70 ans, collerette aristocratique autour du cou, se succèdent face à l’objectif pour retracer la transformation personnelle de l’auteur à travers une véritable épopée. Mêlant documentaire et fiction, Paul B Preciado livre un témoignage époustouflant. Poétique, drôle, inventif, intelligent, il montre toutes les possibilités d’être au monde dans un univers contemporain en mutation.

Projections les 24 et 29 avril à 20h30.

Visions du Réel, Nyon, du 21 au 30 avril. Plus d’infos sur visionsdureel.ch