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Plongez dans le chaudron du queer expérimental

Déjantée, festive et militante, la deuxième édition de la Fête du Slip accueille, du 6 au 9 mars, toutes les formes d’art pour explorer la diversité des pratiques sexuelles.

La Fête du Slip veut tout faire toute seule et c’est tout à son honneur. Il faut dire que les soutiens institutionnels traditionnels (Pourcent Culturel Migros, Ville de Lausanne, fondations diverses et variées) ne se pressent pas au portillon pour soutenir ce bouillon d’événements et de formes de création qui sentent bon la pensée décomplexée et le lever de tabous. L’esprit d’avant-garde a toujours quelque chose de menaçant pour ceux qui, faut-il le rappeler, même dans le domaine artistique, restent des sentinelles du bon goût. Alors forcément, quand le programme décline des intitulés comme «Auto-Porn-Box» ou «Quintet: a choreo-pornographic experiment», et qu’on nous annonce qu’un «Petit théâtre masturbatoire» de papier sera à découvrir et faire dédicacer par son auteure (Marianne Chargois) à la galerie Humus (l’antre feutrée de l’érotisme sous toutes ses coutures éditoriales), ça fait un peu peur. Certains ont de la peine à savoir si l’on se situe encore dans le sanctuaire de la culture ou si l’on n’a pas outrepassé la bonne convenance pour verser dans l’orgie déguisée. Et tout cela en terre vaudoise où le demi-mot vaut toujours mieux qu’un mot cru! Il y a là une audace qui, espérons- le, tiendra encore toutes ses promesses avec cette cuvée 2014.

Au menu: cinéma
Après une session de «Préliminaires» le 1er mars, le festival s’ouvrira le jeudi 6 mars au cinéma Cityclub de Pully par la projection en avant-première de «Kink», un documentaire de Christina Voros sur le plus gros producteur de porno BDSM sur Internet dans le monde (kink.com). Produit par James Franco, le film défie les stéréotypes sur l’industrie pornographique et l’univers du BDSM, en montrant le travail au quotidien de personnes réfléchies et non dénuées de sens éthique. Autre documentaire attendu, «God Loves Uganda», un film plusieurs fois primé du réalisateur américain Roger Ross William qui décrit l’influence des organisations évangéliques américaines en Afrique, à travers notamment le projet de loi «Kill the gays» soumis au parlement ougandais en 2009. Cet homosexuel élevé dans la fois chrétienne y dénonce le néocolonialisme des fondamentalistes de Jésus et les ravages de leur fantasme de nation chrétienne sur les droits LGBT. Présent durant tout le festival, il s’entretiendra à l’issue de la séance du samedi 7 mars avec le sociologue Philippe Gonzalez, fin connaisseur du milieu évangélique.

Toujours au menu cinéma, signalons encore trois films de fiction réalisés par des cinéastes latinoaméricains qui feront écho aux deux documentaires sur les thèmes du BDSM et de l’évangélisme («Joven Y Alocada», de Marialy Rivas; «Remedy», de Cheyenne Picardo; «Era Uma Vez Eu, Verônica», de Marcelo Gomes).

À boire et à manger
On l’aura compris, la Fête du Slip n’est pas qu’un grand rassemblement d’hédonistes. Au disparate sexuel répond le disparate des formes représentationnelles et des discours. Dans le registre porno-art-préventif, il faudra compter avec Émilie Jouvet, photographe, grande arpenteuse de l’underground transgenres, et réalisatrice du premier long-métrage porno queer lesbien en France («One night Stand», 2006). À la librairie Humus (le samedi 8), elle dédicacera son livre de photographies sur l’univers queer, un livre qui s’inscrit dans une démarche de déconstruction de la représentation du corps dans l’art à travers la quête de nouveaux rapports aux identités sexuelles. Elle sera aussi présente le dimanche 9 mars au Romandie pour «Lesbian Porn & Safer Sex», une séance de projection de courts-métrages porno lesbiens suivie d’un workshop de prévention des IST pour les femmes qui ont des rapports sexuels avec des femmes.

On l’aura compris, la Fête du Slip n’est pas qu’un grand rassemblement d’hédonistes.

Le chorégraphe expérimental David Bloom sera également de la partie avec son film, «Quintet: a choreo-pornographic experiment» (projeté samedi 8 mars au Bourg de Lausanne), une recherche menée à Berlin avec des danseurs contemporains sur la place de la pornographie dans l’art et inversement. Avis aux amateurs: il animera le même jour à la galerie Humus une conférence/ atelier sur l’organisation de «sex-parties». Les adeptes de la bicyclette et du batifolage pourront quant à eux prendre part à la Critical Mass en slip qui les conduira de la librairie Humus (18h) au Cityclub où seront diffusés des courts-métrages lubriques et ludiques faits par des amoureux du vélo. Et puis pour ceux qui préféreraient se détendre autour d’une proposition culinaire ou d’un atelier sexe et espace, la Fête du Slip vous propose un «Porny-Brunch» au concept limpide (brunch & courts-métrages porno), un «Bondage divin et saveurs méritantes» au Café des artisans, ou un atelier tantrique sur le maniement de l’énergie sexuelle, animé par l’incontournable David Bloom.

Après toutes ces séances de remue- méninges et d’excitation sensorielle, il n’y aura plus qu’à plonger dans l’antre de nuits électro-cosmiques qui promettent d’être (d)étonnantes. Outre des Dj’s comme MLN, Léon ou encore les italo- suisses, Alix Vesper and The Magic Finger, un duo «rétro-futuriste» maniant à merveille la percussion et le «keytar» (Le Bourg, vendredi 7 mars), on a hâte de découvrir le live que nous réserve Anklepants aka Reecard Farché, allias «l’homme à la tête de bite», connu grâce à ses animatronics conçus pour de nombreux films hollywoodiens, tels «Prometheus» et «Star Wars III». Sur ce, bonne Fête du Slip!

La Fête du Slip du 6 au 9 mars – lafeteduslip.ch