Tendances Espagne

Mères et grands-mères tricotent pour la fierté LGBTQ+

25 juin 2020

Il a fallu trois mois pour assembler la bannière en crochet, qui ornera la rue Ipagro tout l'été. Photo: Twitter/@IgualdadLGBT

Pendant le confinement, 14 habitantes d’Aguilar de la Frontera ont réalisé au crochet un drapeau arc-en-ciel de 52m, qui offre un peu d’ombre aux passants et de soutien à la cause de l’égalité.

Tricot et couture font partie des passe-temps qui ont regagné en popularité pendant le confinement. Dans la petite ville espagnole d’Aguilar de la Frontera, quatorze femmes réunies autour d’un groupe de soutien aux victimes de la fibromyalgie, en sont des expertes. Elles ont d’abord exercé leurs talents pour la confection de masques. Et quand la demande pour ces accessoires a baissé, elles n’ont pas rangé leurs aiguilles.

Alors que le confinement était toujours en vigueur, quatorze d’entre elles ont entamé un travail commun au crochet: une grande bannière arc-en-ciel pour célébrer la fierté LGBTQ+. Elles se sont partagé les six couleurs, qui ont été assemblées la semaine dernière et tendues au dessus de la rue Ipagro, dans le cœur historique de la petite cité andalouse. La pièce de 52 mètres de long restera en place tout l’été, procurant un peu d’ombre aux passants.

Initiative spontanée
Les tricoteuses, dont la plupart ont une soixantaine d’années, insistent sur le fait qu’elles ont elles-mêmes eu l’idée d’adresser un message à la communauté LGBTQ+, laquelle n’est pas organisée, dans la petite ville de 13’000 habitants. «Je n’ai pas douté un instant, depuis que j’ai fait la première maille, que ce serait très beau de faire quelque chose pour la liberté et l’égalité», confie Carmen à Nius Diario. «Nous sommes très fières de ce que nous avons fait. Car je crois que chacun doit être libre d’aimer qui il a envie», renchérit sa collègue Manoli.

L’initiative a fait le tour des réseaux sociaux après que le fils d’une des couturières a partagé des images de leur travail sur les réseaux sociaux, récoltant près de 70’000 «j’aime». De quoi mettre en veilleuse les rares voix critiques parmi les voisins. «Cela peut servir à ce que les homosexuels d’Aguilar de la Frontera sentent que nous sommes fiers d’eux, qu’ils peuvent compter sur nous», explique Carmen Zurera, élue chargée de l’égalité au sein de la commune.

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