Suisse Thurgovie

Norme pénale anti-homophobie: première condamnation

7 janvier 2021

Matériel de campagne pour la votation du 9 février 2020 sur l'extension de la norme pénale.

Un jeune politicien de 18 ans a écopé de jours-amende avec sursis après un tweet où il faisait l’amalgame entre homosexualité et pédophilie.

C’est un douteux honneur que d’être le premier condamné en vertu de la norme pénale antiraciste élargie à l’homophobie, approuvée par le peuple suisse en février et entrée en vigueur en juillet dernier. Cet honneur revient à Benjamin Zürcher, membre du comité de la section jeunes du Parti évangélique (PEV) de Thurgovie. En septembre, il avait tweeté que l’adoption d’enfants par des couples de même sexe – alors en débat au Parlement – encourageait la pédophilie.

Une ordonnance pénale rendue le 3 décembre à Bischofszell l’a reconnu coupable d’avoir décrit les «personnes homosexuelles comme inférieures» et suscité un «climat hostile» à leur égard. Il a été condamné à 30 jours-amende à 50 francs avec sursis, ainsi qu’à un total de 723 francs d’amende et frais divers.

Dénoncé au SRC

La surprise, c’est que Zürcher a aussi écopé d’un signalement au Service de renseignement de la Confédération (SRC), chargé de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, rapporte la «Berner Zeitung». Cette procédure de dénonciation, qui s’inscrit dans le cadre d’une obscure ordonnance remontant à l’entre-deux-guerres, est contestée.

Comme le note le site du magazine «Mannschaft», le jeune homme de 18 ans s’était excusé de son message et avait supprimé son compte Twitter. Il a néanmoins été exclu du PEV, parti plutôt situé au centre droit de l’échiquier politique, contrairement à l’autre formation évangélique suisse, l’ultraconservateur UDF.

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