VIH: des discriminations coriaces

A l’approche de la Journée mondiale du 1er décembre, l’Aide suisse contre le sida a dénombré 122 plaintes depuis le début de l’année, du jamais-vu depuis 2006.

Voilà plus de 35 ans que le VIH colporte son lot de peurs irrationnelles, de préjugés et de discriminations. Les connaissances actuelles sur le virus et l’existence de traitements efficaces n’y ont manifestement pas mis fin. Ainsi, à l’approche du 1er-Décembre, l’Aide suisse contre le sida (ASS) rapporte qu’elle a déjà enregistré en 2018 pas moins de 122 plaintes de personnes concernées à travers le pays. C’est davantage que pendant n’importe quelle année complète depuis que ces faits sont collectés, en 2006.

Le plus grand nombre de plaintes concerne les assurances. Comme cette caisse maladie qui a refusé une complémentaire en ambulatoire à un homme qui suivait une thérapie dont le virus n’est pas détectable. Dans un autre cas, un homme s’est vu refuser des prestations pour le traitement de la lipodystrophie, séquelle d’anciens traitements contre le VIH. En l’occurrence, l’opération était considérée comme «cosmétique», le visage de l’assuré n’étant pas assez abîmé aux yeux de l’assureur.

Conceptions totalement dépassées
Parmi les cas recensés figurent aussi le refus d’une masseuse ainsi que celui d’un dentiste de s’occuper de patients séropositifs. Une maison de retraite du canton des Grisons a également rejeté les demandes de trois personnes âgées porteuses du virus sous traitement. Les responsables de l’établissement «avaient des conceptions totalement dépassées et craignaient la contamination», écrit l’ASS.

Dans le monde du travail, un homme a été licencié après avoir confié à son supérieur qu’il venait d’être diagnostiqué séropositif et avait besoin d’une semaine de congé pour accuser le coup. C’est au retour de son absence qu’il a appris qu’il était remercié. Autre cas: en vue de la prolongation de son contrat de travail, un employé dans la restauration a informé un médecin-conseil de son statut, et du fait qu’il était sous traitement (charge virale indétectable). L’employeur a refusé de prolonger son engagement «pour des raisons d’hygiène».

Le rapport de l’ASS cite encore des cas de chantage ou de harcèlement dans l’entourage intime ou le voisinage de personnes séropositives, parmi de nombreux cas impliquant la divulgation publique non désirée du statut sérologique. Le service juridique de l’association a pu intervenir avec succès dans bon nombre d’entre eux, même s’il regrette que «les voies de droit en Suisse ne suffisent pas pour lutter efficacement contre les discriminations».

Mobilisés le 1er décembre

Lutter contre l’ignorance, l’indifférence et la sérophobie, c’est le but de la Journée mondiale de lutte contre le sida qui sera célébrée samedi à travers la Suisse romande.

A Genève, la traditionnelle marche solidaire partira à 15h30 des Grottes, en direction de la place de la Fusterie, où une cérémonie interreligieuse sera célébrée à 18h30. Elle sera suivie d’un souper convivial à la Maison de quartier des Pâquis, puis de la soirée Bouge ton Phare, au bar du même nom.
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A Lausanne, l’ASS et le Grip s’associent à la soirée dance World Aids Day au MyHouse et White Club, dès 20h.Le montant récolté via les entrées servira à financer un projet romand par et pour les personnes séropositives au VIH.
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A Fribourg, le centre Empreinte réalise une grande fresque en plein air, sur le thème de la solidarité et de l’indétectabilité. Rendez-vous place des Ormeaux.
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A Sion, l’Antenne sida du Valais romand, Alpagai et PVA vous convient à la projection de «Passeurs», film de Pamela Varela, suivi d’un apéro. Dès 18h, au local d’Alpagai, rue du Rhône.
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