«Pédés» et «nègre»: le piteux mea culpa d’un élu d’extrême droite

Un municipal autrichien a accepté de participer à un programme d’éducation après un dérapage homophobe et raciste inspiré par une pub de la compagnie nationale des chemins de fer.

La photo montrait deux hommes, l’un Noir l’autre blanc, tout sourire avec un bébé dans les bras, sur un quai de gare. Cette image était l’une de celles qui illustraient la campagne estivale de la compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB pour sa nouvelle carte familiale. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas été du goût d’un politicien local du FPÖ, parti d’extrême droite qui partage le pouvoir avec les conservateurs au sein de la coalition autrichienne.

Bruno Weber, conseiller municipal d’Amstetten, près de Linz, s’était emporté sur Facebook, en août: «Deux pédés avec un bébé, et un d’eux est un nègre, ça me débecte.» Ce commentaire l’a mené devant un tribunal de Linz, lundi, pour incitation à la haine, raconte le site Nachrichten.at.

«C’était tard, j’avais travaillé de nuit et bu quelques bières», s’est piteusement excusé l’élu devant la juge. Il a ajouté qu’il avait été énervé. «Par quoi?» a demandé la magistrate. «Deux hommes au lit, je ne peux pas l’imaginer», a-t-il répondu. Alors, que l’ÖBB, «hautement subventionnée», fasse de la pub pour une telle image de la famille, cela lui a semblé insupportable. «Et dans le cadre de vos activités politique, vous ne savez pas que le mot nègre ne se dit plus…?» Weber a assuré que beaucoup de gens l’utilisaient encore, et que le terme lui avait échappé.

«Le dialogue au lieu de la haine»
L’élu a accepté une peine de substitution: la participation à un projet «Le dialogue au lieu de la haine». Son but est d’apprendre à articuler son opinion sans blesser d’autres personnes. Le programme a été assorti d’une mise à l’épreuve de deux ans.

A la suite de ce dérapage, Weber a démissionné de son poste de conseiller à la Chambre du travail, une organisation représentant les employés et les consommateurs auprès des autorités de Basse-Auriche. Il reste cependant à l’Exécutif de sa ville de 22’000 habitants, rendue tristement célèbre par l’affaire Fritzl, en 2008.

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