Les dealers aussi ont une vie sexuelle

Selon l’hebdomadaire «GHI», les revendeurs africains de cocaïne qui arborent les rues chaudes de Genève offrent désormais des prestations sexuelles. Et alors?

«Faut-il actionner toutes les sirènes sécuritaires?», se demande «GHI» dans son édition d’hier. Cause de cet affolement: une nouvelle «tendance» serait apparue parmi les revendeurs africains de stupéfiants, rapporte l’hebdomadaire genevois. Voilà que ces jeunes hommes qui fréquentent les trottoirs des Pâquis, de Cornavin ou de la Jonction proposeraient désormais des prestations sexuelles aux passants. Le journal a recueilli trois témoignages, celui de deux femmes et d’un homme qui auraient ainsi été entrepris. Ce dernier raconte avoir été accosté avec un «Sexe, tu veux?» alors qu’il cherchait un horodateur après avoir parqué sa voiture rue de Neuchâtel (il pouvait chercher longtemps: la rue est en zone bleue). «J’étais sidéré, mais surtout inquiet à l’idée de ce qui pourrait suivre…», ajoute-t-il.

Rien à signaler
Le soufflé sensationnaliste du journal gratuit retombe vite. La police n’a guère entendu parler qu’une fois – en 2009 – de prostitution parmi les dealers de rue. Quant à Aspasie, l’association des travailleuses du sexe, cette pratique lui est également inconnue. Alors que les professionnelles qui exercent à deux pas de là sont très attentives «à toute forme de concurrence déloyale», note «GHI».

Stigmatisation
So what? L’article n’aurait-il pas à voir, plutôt qu’avec la prostitution, avec le fait que ces jeunes dealers (a priori plutôt pacifiques) ont aussi une vie sexuelle? Dans un quartier comme celui des Pâquis, où le sexe est une véritable industrie, ça n’a rien d’étonnant. Certains visitent d’ailleurs les sex-clubs gay du quartier. Ils n’y sont pas connus pour leur racolage intensif, même si l’on ne peut pas exclure que quelques-uns tentent de se faire payer. Cependant, il faut rappeler que ces jeunes hommes sont tous originaires de pays où l’homosexualité est hautement stigmatisée. Dans le petit milieu des revendeurs, les individus qui vendraient leur corps à d’autres hommes auraient sans doute beaucoup plus à perdre qu’à gagner en se livrant à ce type de commerce.

À lire également