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Don’t be a drag, just be a queen!

Figure emblématique du duo Sister Queen, Yazz partage aujourd'hui sa vie entre Paris, Cannes et Genève. L'occasion pour nous de rencontrer le plus Drag des Queens.

Ils en auront sans doute marqué plus d’un. Leur tube «Let me be a Drag-Queen», énorme succès, avec plus de six millions d’exemplaires vendus, aura permis à toute une génération de «sexetériosier», et de briser de nombreux tabous. On s’en souvient encore, 1995, en plein boom electro, un groupe un peu horsnormes débarque dans le paysage audiovisuel français, ce sont les Sister Queen. À une époque où les boys and girls bands faisaient fureur, deux Drags, Yazz et Tonya, déchaînent le hit parade et font bouger la France entière en offrant une certaine visibilité à la communauté LGBT à des heures de grande écoute. C’est à Genève que 360° a rencontré l’un de ses membres, le grand et beau Yazz, qui fêtera le 9 juin prochain ses 29 printemps.

Vois sur ton chemin
C’est en tenue relax streetwear que nous retrouvons Yazz, assis à une terrasse des Pâquis. Le soleil est au rendez- vous, tout est réuni pour passer un agréable moment. Ce qui frappe en premier lieu, c’est la fraîcheur de cet homme, qui ne semble pas avoir été affecté le moins du monde par l’air du temps. C’est avec simplicité qu’il nous raconte son histoire. Né dans le Sud de la France, d’un père marocain et d’une mère indienne, il baigne très tôt dans le monde artistique. Il a toujours été un garçon à part et pratiquait déjà la danse et le piano. Pour faire plaisir à maman, il part sur Toulouse étudier la psychologie, sans grande conviction.

Fort de son indépendance qu’il acquiert très vite, que Yazz fait ses premiers pas dans le monde de la nuit en effectuant régulièrement des spectacles dans un club, véritable institution locale, le Shanghaï. C’est dans ce dernier qu’il rencontre celle qui deviendra plus qu’une collègue, une amie, Tonya, avec qui il se lancera plus tard dans l’aventure Sister-Queen. Conciliant son travail de transformiste et sa passion pour le chant lyrique, à laquelle il s’exerce un temps au Conservatoire de Toulouse, Yazz décide de finalement quitter la ville rose pour la capitale, afin de tracer son propre chemin dans la vie du tumultueux Paris!

Glamorous, hot and sexy
Fraîchement débarqué, l’enfant du Sud se met tout de suite au travail et officie dans les plus grands clubs parisiens comme le Queen ou le Banana Café, jusqu’au jour où il décide de monter ce fameux groupe. Par l’intermédiaire de Marie- Christine Maillet (chorégraphe et productrice des G-Squad, ndlr), la production lui demande de former un groupe de Drags. Signés chez EMI, leur succès est immédiat et fulgurant grâce aux tubes «Let me be a Drag-Queen» et «Saturday».

Se hissant directement en tête du Top50, les Sister Queens sont partout, leur clip passe en boucle sur MCM, on les retrouve chez Mireille Dumas, Michel Drucker, Nagui, au Hit Machine, dans Fort Boyard, dans toutes les émissions de variétés possibles et imaginables. Un pari fou pour un groupe de Drag-Queen. Leur succès réside sûrement dans leur image plus divertissante que cliché. Sister Queen c’est avant tout beaucoup de couleurs, de la joie et de la bonne humeur, plus que du cuir et des fouets. Dans la foulée, le concept s’exporte à l’international et encore une fois le succès est au rendez-vous. En tout ce sera plus de six millions de singles vendus, 2 millions d’albums, une tournée dans le monde entier, pendant quatre années de folie.

Esprit sain dans un corset
C’est sans regrets qu’à l’aube des années 2000, l’euphorie autour du groupe se tasse. Pour Yazz c’est l’occasion de passer à l’étape suivante, d’avancer vers autre chose de peut-être moins médiatisé. Il retourne vers son premier amour, la scène et le monde de la nuit. Entre spectacles et galas, il partage désormais sa vie entre Paris et Genève, se produit dans différents clubs comme notre très genevoise Garçonnière, en s’octroyant quelques breaks sur le bord des plages Cannoises. Cette accalmie lui a aussi permis de reprendre sa formation en chant lyrique et de dévoiler une nouvelle facette de sa personnalité, en se produisant par exemple en Russie, en costume/chemise, les cheveux attachés et sans maquillage. Un projet musical est en cours, qui pourrait mélanger pop et lyrisme. Yazz continue ainsi son bout de chemin, et c’est avec plaisir que nous le suivons.

Sollicités par les fans, les Sister Queen ont sorti en 2011 un remix de «Let me be a Drag-Queen»