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Des réfugiés gays renvoyés à plus de discrétion

La Cour Suprême britannique débutera aujourd’hui des consultations visant à statuer sur la situation de deux homosexuels ayant fui la répression dans leur pays. Leurs avocats s'insurgent contre la minimisation des risques encourus.

Pour l’instant déboutés, «T» et «J», un camerounais et un iranien, font appel à la Cour Suprême de Grande-Bretagne. Le premier aurait fui après avoir été tabassé par une bande alors qu’il embrassait publiquement un autre homme, dans un contexte où l’homophobie est attisée par les chefs religieux et où la presse pratique le outing à outrance. Le tribunal a reconnu, compte tenu des récentes exécutions, que le second courrait un risque réel s’il devait retourner dans son pays.

Pourtant, l’avis juridique actuel statue que ces deux hommes doivent retourner dans leur pays et y être «discrets» par rapport à leur orientation sexuelle. Un raisonnement dénoncé par les avocats des exilés comme le «principe Anne Frank», sous-tendant que la fillette juive ne risquait rien tant qu’elle restait enfermée dans son attique amstellodamois. La fin tragique de la jeune allemande, morte dans le camp de Bergen-Belsen, invite à réfléchir sur les dangers que représente le durcissement des politiques d’asile en Europe pour les populations fragilisées. Elle nous incite également à questionner le mépris affiché par certaines autorités par rapport à la capacité des individus à se réaliser pleinement.

Actuellement au Royaume-Uni, le taux de refus des demandes d’asile liées à l’orientation sexuelle se monte à 98%, alors qu’il est de 73% en moyenne. Au niveau européen, l’établissement d’une liste de pays réputés sûrs, dans laquelle figurent toutefois plusieurs Etats condamnant l’homosexualité, contribue à négliger ce type de discrimination et à justifier le renvoi de personnes dont l’intégrité physique et morale se trouve véritablement menacée. Ces affaires rappellent d’autres tristes cas, comme celui d’un mexicain débouté par le Canada parce qu’il n’était pas assez efféminé. Comme si le péril dont des homosexuels peuvent faire l’objet dans des pays où ces pratiques sont pénalisées se résumait à une question de discrétion.

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