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Homos, toxicos et pros du sexe dans la même case

Vaccination Italie Homosexuels Risque
Photo: FB/Ministero della Salute

Un formulaire préalable à la vaccination contre le Covid-19 a provoqué un tollé en Italie. Il assimilait l’homosexualité à un «comportement à risque».

À la stupéfaction d’élu·e·s et de collectifs LGBTQ+, les autorités sanitaires italiennes ont été prises en flagrant délit de discrimination. En cause: un formulaire soumis aux candidats à la vaccination contre le Covid-19 à La Spezia (Ligurie).

Sur la feuille à en-tête de l’ASL5, antenne de l’agence de santé publique régionale, les patient·e·s étaient invité·e·s à mettre une croix dans la ligne correspondant à leur situation. Au numéro 10, on trouvait «Sujet avec comportements à risque», puis entre parenthèses «toxicodépendant, sujet se vouant à la prostitution», ainsi que.. «homosexuel».

C’est un conseiller régional du Mouvement 5 étoiles, Ferruccio Sansa, qui a interpellé les autorités dans un post sur Facebook. «Comment peut-on classer l’homosexualité comme comportement à risque sans la moindre preuve scientifique?» Il explique avoir multiplié les appels pour obtenir des réponses. Mais l’ASL lui aurait soutenu que la classification venait d’une autre administration.

«Vieille liste»

En réalité, la liste provenait d’un guide des vaccinations du Ministère de la santé, dont la dernière mise à jour remonte à février 2021. La Ministère a assuré au «Corriere della sera» que la nomenclature avait été reprise par erreur d’une «vieille liste utilisée pour le don du sang». «Seuls les comportements déterminent un risque et non pas l’orientation sexuelle», a-t-il précisé.

L’ASL5 a assuré que la catégorie «homosexuel» serait immédiatement supprimée des formulaires. Son directeur a présenté ses excuses à l’association LGBTQ+ locale «et à tous les citoyens qui se sont sentis offensés».

Le président de la région Ligurie, également chargé de la Santé, a demandé une enquête sur une «erreur inadmissible». Giovanni Toti (Forza Italia) a néanmoins déploré l’exploitation politique de l’affaire, qui se résume selon lui à un fâcheux «copié-collé». Et d’accuser l’opposition de tenter par tous les moyens de «jeter de la boue sans prendre la peine de vérifier et d’enquêter».

Thèmes: Coronavirus  Italie  Santé 

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