Monde Asile

Les Pays-Bas sur la piste de «faux» réfugiés LGBT

10 nov. 2020

Groupe LGBT ougandais à la Pride de Londres, en 2016. Photo: C.Beckett/flickr/CC

Les autorités néerlandaises soupçonnent des Ougandais d’avoir bénéficié d’un réseau pour se forger un profil de réfugié LGBT. Les associations s’inquiètent d’un tour de vis dans la politique d’asile.

Des dizaines de décisions d’asile sont en cours de révision aux Pays-Bas. Les autorités soupçonnent des fraudes dans les déclarations de requérants ougandais qui s’affirment victimes de persécutions en raison de leur orientation sexuelle, rapporte un article d’Openly. Leurs récits présenteraient un «nombre frappant de similitudes, à la fois en termes d’événements et de scénarios».

Quelque 400 Ougandais ont trouvé refuge aux Pays-Bas ces dernières années, notamment depuis 2014 et le durcissement des lois anti-gay par Kampala. À l’époque, le régime avait même évoqué la peine de mort pour les homosexuels.

L’IND, le service de l’immigration et de la naturalisation néerlandais, estime que des requérants ont bénéficié, auprès d’un «réseau organisé», de faux documents et d’une «formation» destinés à convaincre leur pays d’accueil qu’ils étaient LGBT+. Ils auraient payé pour cela l’équivalent de 2500 euros. Pour l’instant, 36 cas sur 250 ont été jugés suspects, et une personne a vu son statut de réfugiée révoqué.

Scepticisme

Les organisation de défense des demandeurs d’asile LGBT+ s’inquiètent d’une méfiance accrue de la part des autorités, dont les réfugiés font les frais. Certains militants sont en outre sceptiques quant à l’existence d’une «filière» de migrants se faisant passer pour homosexuels. De tels soupçons pourraient naître des méthodes d’audition des candidats à l’asile, souvent déroutantes pour ces derniers.

«On demande à des gens qui n’ont souvent jamais parlé à quiconque de leur orientation sexuelle de raconter comment ils sont devenus conscients de leur orientation sexuelle», explique Philip Tijsma, porte-parole de l’association COC Nederland. «Je peux imaginer qu’ils veulent être bien préparés à ce type de questions. Cela ne veut pas dire qu’ils et elles ne sont pas lesbiennes, gay, bisexuels ou transgenres.»

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