À la tête d'un petit groupe de militants, Wilson (à dr.) avait pris à partie la drag queen.

Choc après le suicide d’un militant conservateur gay

Wilson Gavin, 21 ans, s’est donné la mort après avoir suscité un tollé en interrompant une lecture pour enfants dans une bibliothèque de Brisbane.

«Les drag queens, ce n’est pas pour les enfants!» C’est le slogan que criaient une poignée de militants, samedi, en faisant irruption dans une bibliothèque publique de Brisbane. Un groupe d’étudiants de droite, le University of Queensland’s Liberal National Club, avait décidé d’interrompre une lecture de contes intitulée «drag storytime», et de confronter l’artiste invité.

La vidéo de l’incident, où apparaissait le président de l’association, un certain Wilson Gavin, avait alors fait le tour des réseaux sociaux, s’attirant une avalanche de commentaires négatifs, mais aussi d’insultes, sous le hashtag #IStandWithQueens. «Vous avez débarqué et traumatisé les enfants», accusait l’organisateur, l’association Rainbow Families Queensland, faisant allusion aux parents ayant fui la bibliothèque afin de protéger leur progéniture. Même des élus du Liberal National Party (LNP), du Premier ministre australien Scott Morrisson, ont vivement critiqué l’action.

Lundi matin, l’agitation sur la Toile s’est brusquement changée en consternation, quand la page des jeunes LNP a annoncé le décès de Wilson Gavin. Le jeune homme de 21 ans avait mis fin à ses jours pendant la nuit. «Il avait ses combats et a commis des erreurs, a commenté son collègue Drew Pavlou. Il est tragique qu’il ait finalement succombé à sa souffrance.» Gavin était lui-même ouvertement gay, mais en tant que conservateur convaincu, il avait régulièrement pris position contre le mouvement LGBTQ+ et la soi-disant «idéologie de genre». C’est ainsi qu’en 2017, il avait milité contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe australiens.

Un «lynchage»?
De son côté, Rainbow Families Queensland s’est dit «profondément peiné» par la mort du jeune activiste: «Les personnes LGBTQ+ ont un plus haut risque de suicide, et c’est pour cela que nous défendons fortement le programme Safe Schools, les «drag storytime», ainsi que d’autres événements de ce type. Afin que les membres de notre communauté gagnent la force et la fierté d’être qui ils sont.» Mais des voix se faisaient aussi entendre pour dénoncer un lynchage sur les réseaux sociaux. «Twitter est cassé», a réagi le député LNP George Christensen, cité par «The Guardian», avant de supprimer son compte. «Il ne sert maintenant qu’à des attaques ad nominem et des mêlées, et cela est encore renforcé par les médias.»

Besoin d’aide?

En Suisse romande, diverses associations viennent en aide aux personnes en détresse, sans tabou ni préjugés. Leurs coordonnées se trouvent sur le site de Stop Suicide.
La ligne téléphonique 147 et le site 147.ch de Pro Juventute répondent 24h sur 24 et 7 jours sur 7 aux personnes ayant des idées suicidaires ou cherchant des informations ou un soutien sur ce thème. Un chat pour les jeunes est ouvert chaque lundi soir (19h-22h) sur 147.ch. Il est animé par de jeunes bénévoles formés, notamment sur les questions LGBT+.

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