Le pied-de-nez final de la Tbilisi Pride

Improvisé au nez et à la barbe de groupes radicaux violents, un défilé LGBTQ+ devant le Ministère de l’intérieur a clos une première Pride de Géorgie mouvementée.

«La Pride aura été plus petite en nombre, mais nous avons réussi à nous en sortir sains et saufs! L’histoire est en marche!» a écrit Giorgi Tabagari, l’un des porte-parole de la Tbilisi Pride, sur les réseaux sociaux. Après le report de la «Marche de la dignité» initialement prévue le 22 juin (lire notre reportage), cette première Pride de Géorgie a livré un dernier baroud d’honneur, ce lundi. Une vingtaine de militants ont symboliquement marché autour du Ministère de l’intérieur, situé en périphérie de la capitale.

L’éphémère protestation a servi de rappel au gouvernement, qui a refusé d’assurer la protection policière indispensable à l’expression du droit de manifester pour la communauté LGBTQ+, en dépit d’un soutien international à la Tbilisi Pride.

Menaces omniprésentes
L’événement s’est déroulé sous la menace des ultraconservateurs orthodoxes et des mouvements radicaux d’extrême droite pro-russes, qui ont multiplié les menaces physiques contre les militant·e·s LGBTQ+.

Des groupes extrémistes ont défilé sur l’avenue Rustaveli.

La «légion» d’extrême droite du milliardaire Levan Vasadze – un groupe d’hommes visiblement décidés à en découdre – s’était d’ailleurs déployée au centre de la capitale ce lundi matin, en prévision du défilé annoncé par les médias, rapporte Radio Free Europe. Ils n’ont pas trouvé de drapeaux arc-en-ciel… sinon au-dessus de leur tête, pendu à un drone qui a malicieusement survolé la ville. Comme pour dire: rendez-vous l’année prochaine!

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