Les Géorgiens se battent pour leur première Pride

Prévue le 22 juin, la Tbilisi Pride a lancé un appel au soutien international pour obtenir une protection que la police et les autorités politiques lui refusent.

Il faut décidément se méfier du classement de la Rainbow Map publié le mois dernier. Dotée notamment d’une loi anti-discrimination, la Géorgie y fait figure de bon élève des républiques du Caucase… Une réalité en trompe-l’oeil. La communauté LGBTQ+ de cette ancienne république soviétique de 4 millions d’habitants peine ainsi à organiser sa première gay pride, prévue le 22 juin à Tbilisi, et fait face à de très sérieuses menaces.

Dans un communiqué, les organisateurs de la semaine des fiertés LGBTQ+ dénoncent le refus de la police et du Ministère de l’Intérieur de négocier malgré plusieurs rencontres. Ni l’une ni l’autre ne veulent assurer un minimum de protection pour la manifestation, intitulée «Marche de la diginté», sous prétexte de «risques et menaces accrues en provenance de groupes radicaux». Tbilisi Pride dénonce par ailleurs des intimidations de la part d’officiels, pour une annulation pure et simple de la manifestation.

L’influente Église orthodoxe et l’extrême droite se sont promis de bloquer – par la violence si nécessaire – toute manifestation LGBTQ+. Elles ont déjà mobilisé des centaines de militants dans les rues de la capitale lors des éditions de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, ces dernières années.

«Nous vivons dans un pays homophobe, où les attitudes sociétales ne sont ni bienveillantes ni inclusives», constate Giorgi Tabagari, un des responsables de la Tbilisi Pride, interrogé par Gay Star News.

Obligations bafouées
Les organisateurs de la Tbilisi Pride rappellent que la Cour européenne des droits de l’homme a sommé le Gouvernement géorgien d’assurer ses obligations envers sa communauté LGBT en matière de liberté d’expression et de réunion, ceci dans un arrêt remontant à… 2013.

Six ans plus tard, rien n’a été fait. «Au lieu de prendre des mesures pour éradiquer la haine et les agressions, pour essayer d’éveiller les consciences et de sensibiliser les policiers, l’État évacue la polémique en essayant de réduire nos revendications au silence et de nous tenir hors de vue», ajoute Tabagari. Dans ces conditions, résume-t-il, la Pride sera loin d’être une célébration. «C’est plutôt une question de survie, d’accéder à nos libertés fondamentales dont nous avons besoin en tant que citoyens.»

» Signez la pétition «Keep Tbilisi Pride Safe» lancée sur le site AllOut afin d’exercer une pression internationale sur les autorités géorgiennes.

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