Des conquêtes LGBTI plus précaires que jamais

La nouvelle édition de l’index Rainbow Europe établit un bilan préoccupant de l’environnement législatif et politique des populations LGBTI à travers le continent.

Stagnation, régression: ces mots apparaissent en Une du nouveau rapport annuel de l’ILGA Europe consacré aux lois et politiques publiques concernant les LGBTI à travers le Vieux-Continent. De la Pologne, qui a retiré l’accès à la PMA aux femmes célibataires, à la Bulgarie qui a supprimé les facilités de changement d’état civil pour les personnes trans, en passant par les atteintes aux libertés civiles en Hongrie ou en Turquie, l’organisation européenne souligne l’existence d’un environnement de moins en moins sûr et supportable pour les LGBTI.

«L’an passé, nous avions mis en garde contre le danger de penser que le travail était accompli. Malheureusement cette année, nous voyons des preuves concrètes d’une régression aux niveaux politique et législatif dans un nombre croissant de pays. Il n’y a pas de temps à perdre», déclare la directrice exécutive de l’ILGA Europe, Evelyne Paradis.

Le classement 2019 a affiné son calcul de l’index afin de refléter plus fidèlement les besoins et les priorités des différentes parties des communautés LGBTI. L’accent est ainsi plus marqué sur l’accès aux services (santé, éducation), l’autodétermination des trans (dépathologisation) et les libertés publiques (expression, manifestion et association).

On retrouve Malte au sommet des 49 pays étudiés (90% du cadre «idéal» pour l’épanouissement des LGBTI), suivie de la Belgique (74%) et du Luxembourg (70%). A l’autre extrémité du classement, on trouve l’Arménie (6%), la Turquie (5%) et Azerbaïdjan (3%).

Sur-place helvétique
Quant à la Suisse, qui n’a pas connu de changement de politique et de législation cette année, elle reste très loin des scores réalisés par la plupart de ses voisins d’Europe occidentale (29% – seule l’Italie avec 22% fait pire), et dégringole même de la 22e à la 27e position sur 49. Les lacunes sont identifiées dans les domaines de l’égalité/non-discrimination (dans la Constitution, l’éducation et l’emploi notamment), de la famille (pas de mariage égalitaire, restrictions à l’adoption, interdiction de la PMA pour les couples de femmes), de la protection contre les crimes et discours de haine (l’extension de la norme antiraciste à l’orientation sexuelle reste en suspens), de l’autodétermination des personnes trans et enfin de la politique d’asile.

» rainbow-europe.org

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