C’est gonflé!

À l’heure où les femmes s’apprêtent à crier haut et fort leur droit à l’égalité, au respect et à la solidarité le 14 juin en Suisse, Cli-cli fera coucou au festival Bastions de l’Egalité à Genève ce samedi.

Six mètres vingt de hauteur et cinq mètres de large, d’un rouge éclatant, il est monumental. Conçu comme un château gonflable, aire de jeux pour les plus petits, il invite aussi les plus grands à s’y donner rendez-vous et s’y amuser. Pas menaçant, il est même très accueillant!

Cli-cli pour les intimes, le clitoris géant a fait sa première apparition publique au parc de la Perle du Lac à Genève lors de la Nuit de la Science en juillet 2018. Début mars, il était invité à la Semaine de l’égalité où il trônait fièrement devant Uni Mail à Genève et en 2020, il ira à Paris, où le festival La Pointe de l’Iceberg l’a sélectionné dans sa programmation articulée autour du plaisir et de la sexualité. Mais avant cela, il participera au festival Bastions de l’Egalité à Genève samedi 15 juin.

Le clitoris au milieu du village
Aujourd’hui, la sculpture jouit d’une notoriété internationale, mais la méconnaissance de l’organe féminin est encore très répandue. Si les plus grands gratte-ciels du monde rivalisent de hauteur pour comparer la folie des grandeurs métaphorique de la virilité en béton, Cli-cli s’empare à son tour de l’environnement urbain de la cité.

À l’initiative de Daïana Action Culturelle et son équipe composée de Margarita Gingins, Imanol Atorrasagasti, Sébastien Empeyta et Ayari Félix, le projet a vu le jour en partenariat avec le Bioscope d’UNIGE et le Département de Gynécologie des HUG. «Nous participerons tous à la grève des femmes le 14 juin, mais Cli-cli sera présent le lendemain au festival Bastions de l’Egalité à Genève. Car réduire les femmes à leur clitoris serait l’équivalent de résumer les hommes à leur bite, explique Margarita Gingins. Nous sommes avant tout des cerveaux. Et aujourd’hui, certaines femmes ont même des pénis. Notre combat consiste à ouvrir le débat. Et l’important c’est le plaisir, seul.e ou dans la rencontre.»

Dans cette action in situ, l’art devient un outil au service de la transmission des nouvelles connaissances. Une approche conciliant intelligemment l’art et la science afin de démontrer que le plaisir sexuel féminin n’est pas moins féroce que celui de l’homme. «L’idée est de créer un espace de dialogue autour de cette morphologie inexistante dans les études anatomiques, et la présenter de façon normalisée et positive. Les enfants l’ont très bien accueilli à la Nuit de la Science, observe Margarita Gingins. Toutes les réactions étaient positives, souvent avec humour et beaucoup de questions.»

Un pas de géant pour l’humanité
L’époque est chaotique, mais aussi propice à la réflexion. Dans cette urgence à repenser le monde de demain, la vision des artistes contribue à créer des espaces d’apprentissage et de discussions avec d’autres domaines, notamment la science. Au-delà de la présence de Cli-cli au milieu du grand public, l’objectif du projet est d’appuyer le travail de Bioscope qui se bat pour introduire cette morphologie dans les livres d’anatomie et réhabiliter le clitoris. «Aujourd’hui, ces planches anatomiques de clitoris sont enseignées à l’école au même titre que le pénis. C’est la réussite de cette collaboration», souligne fièrement Margarita Gingins. Un pas de géant qui réjouit également son collègue Imanol Atorrasagasti: «Nous avons utilisé nos moyens créatifs pour en faire un jouet, un château gonflable. Car le clitoris est un organe sexuel voué exclusivement au plaisir. Cette notion est présente dans la sculpture. La normalisation permet d’éviter le chemin des tabous sexuels. Nous sommes francs, clairs et ludiques dans notre démarche. Il est important d’inclure les enfants dans l’apprentissage, car ce sont eux qui porteront la connaissance dans le futur.»

» Plus d’infos: www.action-daiana.ch/cest-parti-mon-clicli

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