Les LGBT, premiers arrivés de la «caravane» de migrants

Ostracisés par leurs camarades d’exode, environ 80 homosexuels et trans ont fait bande à part. Ils sont arrivés dès dimanche à Tijuana.

La première vague de migrants venus d’Amérique centrale est arrivée dimanche à Tijuana. Surprise: sur les 80 personnes, dont quelques mineurs, débarqués sur une plage frontalière, la majorité se définit comme homosexuelle ou trans. Ils ont fait bande à part des «caravanes» faisant route vers le nord, raconte «Rolling Stone» sur la base de plusieurs sources dans la presse US et mexicaine.

La décision de se séparer s’est imposée en cours de route, après des frictions et des insultes au sein de la «caravane» initiale, ont raconté des participants. «A chaque étape où que nous arrivions, la communauté LGBTQ était la dernière à être prise en compte. Dès lors, notre but a été de changer ça. On s’est dit: cette fois on sera les premiers», a expliqué Carlos Mejia, un Hondurien. Une ONG texane, RAICES, a donné un coup de main au groupe en finançant des billets de bus, des points de chute et une aide juridique.

«Classe persécutée»
La plupart des migrants LGBT a l’intention de demander l’asile aux Etats-Unis en tant que «classe persécutée», tout en étant conscients que ce sera un nouveau combat à mener, compte tenu de la rhétorique enflammée du président Trump. Nehemias, par exemple, a tenu à emporter avec lui des documents qui prouvent que sa vie était en danger dans son pays, le Guatemala. Un renvoi «serait une sentence de mort», plaide-t-il. «On fuit un pays où il y a beaucoup de crimes commis contre nous», explique pour sa part une femme trans.

Le groupe n’a pas été accueilli à bras ouvert par les résidents des quartiers balnéaires, plutôt cossus, de Tijuana. Ils expriment leur mécontentement face à ces nouveaux voisins. Un garde cité par le «Wahington Post» rapporte avoir vu des résidents tambourinant sur les portes d’une maison louée par le groupe LGBT, en criant des slogans hostiles. Les migrants seraient aussi harcelés et insultés dans la rue. «C’est tellement ridicule, dit-il. Cela fait des années que nous avons des migrations; tout ce que ces gens veulent c’est d’aller au Etats-Unis. Ils veulent vivre quelque chose de mieux.»

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