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L’Église a mieux à faire que la guerre aux homos

Dans un long entretien publié hier, le chef de l'Eglise catholique a appelé à un «nouvel équilibre», loin des obsessions de ses prédécesseurs.

Six mois après son élection, le pape François continue de voler les mitres sur les têtes de ses évêques et cardinaux. Dans une interview-fleuve publiée hier simultanément dans les revues jésuites du monde entier, le pape François critique ouvertement – et avec humour – l’Eglise léguée par ses prédécesseurs, obsédée par les questions de doctrine morale. Et le saint père de plaider pour une rupture d’avec un catholicisme qui «met le dogme avant l’amour».

«Nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’utilisation de méthodes contraceptives. Ce n’est pas possible. Nous devons donc trouver un nouvel équilibre, autrement l’édifice moral de l’Église risque lui aussi de s’écrouler comme un château de cartes, de perdre la fraîcheur et le parfum de l’Évangile.»

Pour le premier pape issu de l’ordre jésuite, il n’est pas question de changer la doctrine, mais l’accent est à mettre ailleurs: dans une communauté au service des plus pauvres et des marges:

«Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est trop haut ! Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste.»

Sur la question homosexuelle, François est revenu sur ses déclarations du mois dernier, quand de retour de Rio, il avait invité les catholiques à «ne pas juger» les personnes homosexuelles:

«A Buenos Aires j’ai reçu des lettres de personnes homosexuelles, qui sont des “blessés sociaux” parce qu’elles se ressentent depuis toujours condamnées par l’Église. Mais ce n’est pas ce que veut l’Église. Lors de mon vol de retour de Rio de Janeiro, j’ai dit que, si une personne homosexuelle est de bonne volonté et qu’elle est en recherche de Dieu, je ne suis personne pour la juger. Disant cela, j’ai dit ce que dit le Catéchisme [de l’Église catholique]. La religion a le droit d’exprimer son opinion au service des personnes mais Dieu dans la création nous a rendu libres: l’ingérence spirituelle dans la vie des personnes n’est pas possible. Un jour quelqu’un m’a demandé d’une manière provocatrice si j’approuvais l’homosexualité. Je lui ai alors répondu avec une autre question: “Dis-moi: Dieu, quand il regarde une personne homosexuelle, en approuve-t-il l’existence avec affection ou la repousse-t-il en la condamnant?”»

» L’interview complète en français dans la revue «Esprit».