Partenariat enregistré? Connaît pas

Un patient gay de l’Hôpital cantonal d’Argovie a découvert que son état-civil de partenaire enregistré n’étaient toujours pas reconnu dans la base de données de l’établissement… six ans après l’entrée en vigueur de la loi.

En se rendant à une banale consultation ophtalmologique à l’hôpital d’Aarau, Christian Zimmermann a eu une désagréable surprise au moment de remplir sa fiche personnelle. Pas moyen de mentionner qu’il était en partenariat enregistré sous la rubrique «état-civil». Le système n’admettait pas cette possibilité, lui a-t-on dit. Pourtant, Christian et son compagnon sont unis légalement depuis plus de six ans. La Loi sur le partenariat enregistré est entrée en vigueur en janvier 2007, 18 mois après son adoption en votation populaire.

«Marié», faute de mieux
«Je me suis senti humilié et discriminé qu’une loi qui a été acceptée par le peuple et pour laquelle je me suis moi-même battu ne soit toujours pas mis en œuvre, huit ans plus tard», raconte Christian, 41 ans, à l’«Aargauer Zeitung». Après que le personnel lui a proposé de mentionner son partenariat dans le champ «remarques», Christian a finalement décidé de s’annoncer comme «marié»: «C’est ce qu’il y a de plus proche de mon état-civil», estime-t-il.

«On nie ainsi la vie de cet homme», juge Alicia Parel, secrétaire de l’association suisse des gays, Pink Cross, qui parle d’«hétérocentrisme» plutôt que de volonté discriminatoire. Elle note que tous les cantons et toutes les organisations ne sont pas encore au point avec la nouvelle loi, et que Pink Cross est encore parfois contactée à ce sujet. Récemment, certains cantons comme Saint-Gall n’avaient même pas daigné modifier leurs feuilles de déclarations d’impôts à l’intention des couples de même sexe.

Inexplicable
L’hôpital cantonal d’Argovie ne s’explique pas comment le changement dans les bases de données n’a pas été fait en 2007. La porte-parole de l’établissement assure qu’aucun patient n’a été lésé, notamment en ce qui concerne les droits de visites accordés aux proches. Le registre aurait été modifié «immédiatement» après le cas de Christian – dont on a pourtant peine à croire qu’il soit le premier.

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