Mariage pour tous: avalanche de projets de loi

Sénateurs et députés italiens vont à leur tour examiner le statut des couples de même sexe. Sur leur pupitre, pas moins de cinq textes en faveur du mariage égalitaire.

C’est pas trop tôt! Le Sénat italien va enfin commencer à plancher sur le statut des couples de même sexe. Mardi 18 juin, la Commission des lois de la Chambre haute examinera plusieurs propositions de loi, dont l’une signée de l’ancien président de l’Arcigay, Sergio Lo Giudice. Le texte est ambitieux: il vise à démanteler «les discriminations matrimoniales», soit à ouvrir le mariage aux gays et lesbiennes. «C’est la toute dernière tentative, écrit le sénateur du Parti démocrate sur Facebook. Dans les dernières années, nous avons ignoré les recommandations européennes, les jugements de la Cour suprême et quelques droits humains fondamentaux.» Deux autres projets de mariage pour tous (excluant l’adoption) seront soumis à la commission: l’un du Mouvement 5-étoiles de Beppe Grillo, et l’autre du petit parti Gauche, écologie et liberté de Nichi Vendola. Et ce n’est pas tout. La Chambre basse doit également examiner deux textes sur le mariage égalitaire.

L’Italie est le dernier pays d’Europe occidentale à n’offrir aucune reconnaissance nationale aux couples gay et lesbiens. Un projet de pacs, soumis en 2007 par le centre-gauche, avait été repoussé par les parlementaires. Le Vatican avait pesé de tout son poids pour bloquer la loi.

Vers un compromis
Les observateurs donnent peu de chances à cette floraison de proposition. Elles devraient buter sur les sensibilités catholiques des parlementaires – de gauche comme de droite. Néanmoins, ce nouveau débat pourrait enfin ouvrir la voie à un compromis sur une forme de partenariat enregistré pour les couples de même sexe. Le mois dernier, la ministre de l’Egalité, Josefa Idem (Parti démocratique), avait promis de légiférer sur cette question. En attendant, quelque 150 municipalités, dont Milan, Bologne, Florence, Naples ou Gênes, ont établi des «registres des unions civiles» offrant aux concubins, homos comme hétéros, des droits très limités. Palerme est la dernière en date. Rome, qui vient d’élire un maire de gauche, pourrait suivre le mouvement.

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