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Folles de télé

Après des années de gaytitude macho, les personnages homos du petit écran laissent enfin parler leur féminité.

Kurt, 16 ans: chante comme une soprano, ne va jamais se coucher sans avoir accompli son indispensable «moisturizing routine» (comprenez: nettoyage, gommage, et hydratation de son précieux minois), se glisse parfois dans des combinaisons moulantes dignes de Beyonce et s’applique méticuleusement à mémoriser en haut talon la chorégraphie de Single Ladies.
Marshall, 15 ans: ne sort jamais sans sa cravate ou son nœud papillon, n’écoute que du vieux jazz et dégage une queeritude si prononcée que ses parents s’étonnent lorsqu’il fait mine de draguer une copine de classe.
Justin, 17 ans: va au bahut en chemisier Versace rose fluo, ne jure que par Lady Gaga et se fait offrir une fête tout en cotillons et banderoles arc-en-ciel quand sa famille comprend finalement qu’il préfère les garçons.
Vous voyez de qui je parle? Non? Normal, pour l’instant ces trois nouvelles icônes télévisuelles restent majoritairement le lot des spectateurs américains. Mais soyez sans crainte: Glee, chronique lycéenne sur fond de comédie musicale, United States of Tara, chronique familiale d’une mère à multiples personnalités, et les derniers épisodes d’Ugly Betty, chronique haute couture d’une fille au sourire bagué, ne tarderont pas à envahir le paysage audiovisuel français, Glee ayant été acheté par le groupe M6, et United States of Tara étant diffusé par Canal+.
Cela fait quelques années déjà que personnages homos et séries à succès font bon ménage, sans même évoquer les deux cycles exclusivement LGBT, Queer as folk et The Lword. Sauf que Kurt, Marshall et Justin ont ceci en commun qu’ils affirment leur part de féminité, affichent leur follitude, et ne s’en portent que mieux. Et ça, dans une série généraliste, c’est nouveau.

La télé des minorités
Souvenez-vous. A la fin des années 90, lorsque la première galerie de rôles lesbiens et gay colorait le petit écran, chacun restait sagement planqué derrière un genre bien défini. Dans Friends, Carol, l’ex-femme de Ross qui avait viré sa cuti, affichait blondeur et mensurations dignes de Malibu. Du côté de Dawson, Jack séduisait le shérif local grâce à des épaules de footballer américain. Quant à Six Feet Under, cette série montrait un autre flic gay, black et moustachu dont le BMI a de quoi faire de l’ombre à Barracuda.
Autant la télévision stagnait dans un formalisme prudent, autant le cinéma s’offrait des libertés d’excellent augure. Priscilla avait débarqué quelques années auparavant de son désert australien, et Hedwig and the angry inch parlait aux salles obscures de rock et de transsexualité.
Mais tandis que le cinéma mainstream allait s’enliser dans un puritanisme inquiétant (dans Twilight, on bute du monstre mais pas de sexe avant le mariage, alors que Brüno tourne au ridicule l’homosexualité à travers un florilège de clichés), la télévision est peu à peu devenue le lieu des diversités et des revendications sociales américaines.

Hip-hop et transformisme
Voyez plutôt. Desperate Housewives a introduit un couple de gays ouvertement désireux d’avoir des enfants, Ugly Betty a flanqué la patronne de «Mode» d’un assistant exécutif (Marc) on ne peut plus folle, et Glee a débarqué avec sa collection de minorités réunies en une chorale délirante: la noire obèse, la blonde enceinte, le handicapé en chaise roulante, la juive adoptée par deux pères homosexuels (!) et notre cher Kurt, éperdument amoureux d’un… joueur de football américain.
Et la liste n’est pas prête de s’arrêter. Effet Obama oblige, la nouvelle série d’HBO (Sex & the City) True Blood met notamment en scène Lafayette, un gay afro-américain, amateur de hip-hop et de transformisme… Et quand vous saurez qu’Alan Ball, créateur ouvertement queer de True Blood, a imaginé un monde où les vampires se battent pour leurs droits civiques à la différence, il ne vous restera qu’à attendre que la TSR commence au plus vite la diffusion de la deuxième saison, prévue en septembre.

One thought on “Folles de télé

  1. Je pense au contraire qu’un certain puritanisme américain se dédouane en montrant une image « cage aux folles » des gay. Comme cela Mr Tout-le-monde, honorable père de famille, bon chrétien au temple tous les dimanches, peut dire que « ces gens-là, vous le voyez bien, ne sont pas comme nous ». Donc que l’homophobie est parfaitement justifiée.

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