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Parade nuptiale dans les tréfonds du Net

Suite à l’expérience traumatique d’un viol, Samira Elagoz décide d’étudier le mâle humain en rencontrant des inconnus contactés sur internet, tout en filmant l’évolution de leur relation.

Avec «Cock, Cock… Who’s There?» Samira Elagoz, jeune artiste égypto-finlandaise, plonge le spectateur dans les méandres du web et ses plateformes de rencontres en ligne telles que Tinder ou Chatroulette. Son viol comme point de départ de la démarche, elle met en scène ses expériences au fil de ses voyages à travers trois continents. Caméra au poing, elle cherche des hommes qui vont la rencontrer et se laisser filmer.

En immortalisant des rencontres réelles avec des inconnus, elle enregistre la façon dont ces hommes réagissent vis-à-vis d’elle. Sur scène, elle tient le rôle d’oratrice en commentant devant le grand écran son docu-fiction. «Le spectacle est basé sur une expérience personnelle de la violence, explique-t-elle au magazine autrichien «The Gap». Il s’agit de découvrir ce qui provoque la violence. J’interviewe des gens qui utilisent les techniques de SM et les pratiques dans un environnement sécuritaire. C’est très intéressant pour moi parce qu’il y a des règles. Normalement, lorsque vous avez des relations sexuelles, il n’y a pas de règles clairement définies. Or, je pense que cela peut être presque plus dangereux de ne pas avoir de contrôle ni d’accords. J’ai essayé de montrer que la violence a différentes facettes. D’ailleurs, elle joue à peine un rôle dans le film, où il est beaucoup plus question de relations interpersonnelles.»

En prise directe avec notre époque, elle dissèque et questionne crûment ses thèmes favoris: le genre, le désir, la féminité, les relations hommes/femmes dans une société où les limites entre réel et virtuel deviennent de plus en plus floues. Une expérience aussi troublante que stimulante.

» «Cock, Cock… Who’s There?», à l’Arsenic de Lausanne du 4 au 7 avril dans le cadre du Programme Commun 2019.

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