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Du plaisir de tâter du ballon…

Du plaisir de tâter du ballon…

Un clic sur les sites de rencontres suffit pour s’en rendre compte : le fétichisme concerne beaucoup de monde et il y en a pour tout les goûts. On y découvre des pratiques bien connues, mais aussi quelques étrangetés...

Vedettes actuelles des objets fétichisés: les chaussettes de sport et les baskets. Les premières apparaissent fréquemment dans les profils de nos chers chats, limpides jeux de mots à l’appui, via les expressions cho7 ou sox, tentatives d’érotisation langagière d’une pièce de vêtement, plus répugnante qu’excitante pour le béotien. Souvent associées aux premières, les baskets se déclinent selon le terme anglophone «sneakers».

La basket n’est qu’une variation autour du plus classique des fétichismes, celui du pied. Cette partie du corps est un objet de fascination depuis des temps immémoriaux, notamment dans les cultures asiatiques. On connaît le martyre des jeunes Chinoises dont les pieds sont bandés à l’âge de sept ans pour en bloquer la croissance naturelle. Cette cruelle technique, outre qu’elle rend la marche fort périlleuse, offre élasticité et douceur à la voûte plantaire, qualités fort prisées par les amateurs orientaux de petits petons. Dans La Vénus en fourrure de Sacher-Masoch, Severin, l’esclave volontaire de la fatale Wanda von Dunajew, lèche invariablement les extrémités nues ou revêtues de bottes de sa vindicative maîtresse.

La psychologie fait remonter ce qu’elle nomme podophilie (sic!) à l’âge au cours duquel l’enfant n’est qu’un être rampant. Au sol, il ne rencontre généralement que les pieds de ses parents. Il associe alors la notion de plaisir oral offert par sa mère à cette partie du corps avec laquelle il est directement en contact.

L’engouement actuel pour les baskets est sans doute alimenté par leur dimension sociologique. Culturellement, ces produits de consommation de masse sont synonymes de loisirs. Pour des individus à la recherche de sensation de soumission, elles représentent également un type de virilité. Les skaters et les rappers en portent et on peut légitimement reconnaître que ces types masculins nourrissent aujourd’hui les fantasmes de beaucoup de gays. Ils constituent les garçons canailles contemporains. Ce fétichisme consacre également le triomphe marketing des grands producteurs mondiaux de chaussures.
A côté de ce type fétichisme, on rencontre des pratiques plus marginales telles que le ballooning, à rattacher à ses ancêtres toujours vivants mais en recul du cuir et du latex, ou le fétichisme des peluches qui appartient à la famille de l’attraction pour la fourrure.

Toutes ces formes de sexualité «déviantes» bénéficient du coup de pouce offert par le Net qui offre anonymat et rencontres sur une large échelle aux adeptes de ces pratiques parfois inavouables.
Quelles sont les nouvelles tribus fétichistes?

Décryptage des goûts et des coutumes de trois d’entre elles.

LES LOONERS

Homos ou hétéros, hommes et femmes (celles-ci dans une proportion de 1/30, soit trois fois plus que pour le fétichisme dans son ensemble), issus de tous les milieux sociaux, les «looners» ou «balloonatics» sont les boys ou girls next door du fétichisme. Nostalgiques de l’âge d’or de l’enfance, leurs ballons les renvoient à la période bénie des goûters d’anniversaire. Ils sont des produits évidents de la culture pop-McDonald’s. En 2000, le plus populaire des sites Internet dédié aux «looners» gays (balloonbuddies) réunissait plus d’un millier de membres.

Ce qui les excite
Le ballon est un fantasme adaptable à chaque perception. Les principales qualités qui lui sont reconnues sont sa matière, son odeur et sa forme. L’élasticité et la similarité avec la peau du latex, qui entre dans la composition des ballons, constituent une source d’excitation majeure. Les «looners» sont des cousins éloignés des fétichistes «rubber» (vêtements en vinyles, etc.) L’odeur à la fois vanillée et amère du ballon transporte, telle la madeleine de Proust, les «looners» dans leurs souvenirs d’enfance et agit comme une profonde source d’attraction. Enfin, les différentes formes de ballons peuvent rappeler soit un mamelon, soit un pénis.

Oui, mais concrètement…
Là encore, les usages sont multiples. Les «looners» aiment se frotter contre leurs ballons, se masturber en les gonflant et les baiser de diverses façons plutôt ingénieuses… Deux grands courants divisent les «looners»: ceux qui préservent pieusement leurs ballons et ceux qui les crèvent. Les premiers n’ont en général pas dépassé la peur infantile de ce geste violent, ils craignent aussi la sensation de manque de leur objet fétiche. Les seconds sont moins esclaves de leur fétiche. La crevaison du ballon comporte sa part de jeu SM. Leurs adeptes utilisent ainsi des lames de rasoirs, des cigarettes ou écrasent simplement les ballons avec les pieds ou entre deux corps.

Ce qu’on en pense
On doit bien avouer notre fascination pour ces drôles de zèbres d’autant plus que leur existence est menacée par une loi en cours d’acceptation au Sénat américain et qui interdirait les ballons en latex. Vite, faisons nos réserves!

LES PELUCHOPHILES

Steevy est son représentant le plus connu, si ce n’est le plus illustre. Les fétichistes des peluches sont bien sûr à apparenter aux amateurs de poupées gonflables. Ils en diffèrent néanmoins dans le fait qu’ils baisent leur ours en peluche non par frustration, mais par désir. Etant encore jeune garçon, le «peluchophile» découvre le plaisir érotique en dormant contre son petit animal et développe ainsi une attirance. Souvent, c’est avec réticence qu’il consomme son amour, par honte de pervertir le lien innocent qui l’unit à sa peluche. On les retrouve sur la page «velocity.net/~galen/»

Ce qui les excite
Le rapport qui unit le «peluchophile» à son jouet fétiche est plus d’ordre romantique qu’érotique. L’avantage principal d’une peluche est qu’elle ne laisse jamais tomber son détenteur. Elle est fidèle et soumise au contraire de bien des êtres humains. La douceur de la fourrure synthétique est une autre qualité à ne pas dédaigner. A la manière des doudous des bébés, la peluche s’imprègne des odeurs de son possesseur et lui rappelle son enfance.

Oui, mais concrètement…
Dûment munies de leur SPH (strategically-placed hole) ou respectivement de leur SPA (strategically-placed appendice), les peluches deviennent des amants redoutables avec lesquels il est possible de vivre des expériences sexuelles singulières. Certains «peluchophiles» refusent ces légères modifications anatomiques et se contentent de frottements contre la soyeuse fourrure de leur animal.
Afin de préserver le lustre de cette dernière et lui éviter toute souillure lors d’une pénétration, les «peluchophiles» équipent leur pénis d’un manchon de protection. Il est néanmoins conseillé de garder en réserve plusieurs autres modèles en cas de dégât irréversible… Par ailleurs, l’échangisme apparaît relativement fréquent au sein de cette communauté.

Ce qu’on en pense
Ces sympathiques enfants attardés se révèlent rapidement pathétiques dès que leur bestiole devient le partenaire exclusif de leurs ébats!

LES SNEAKERS

Fétichisme purement masculin, la «sneakermania» regroupe uniquement des gays, les hétéros privilégiant la chaussure à talon. Un grand nombre de «sneakerlovers» est à ranger dans la catégorie des soumis et des masochistes. Le pied et la chaussure sont des instruments de domination qui servent à écraser et à humilier. En outre, ce fétichisme se double souvent d’une collectionnite aiguë. On peut retrouver des «sneakerlovers» sur tous les chats gays. Par ailleurs un site bien documenté, «sneakers.de», leur est dédié.

Ce qui les excite
On ne peut pas le passer sous silence plus longtemps, l’essentiel de l’érotisme provient de la puanteur de la chose! Pas de miracle, une basket, ça sent toujours et même très fort. Pour les délicats «sneakerlovers», une odeur prononcée mariée à un peu de crasse est le summum de l’érotisme.

Oui, mais concrètement…
Une basket se lèche, se suce et se renifle. Elle peut également servir à divers jeux d’humiliation.

Ce qu’on en pense
Just do it! c’est écrit partout. Pourtant on rechigne à cautionner ces victimes du diktat commercial et complices de l’oppression capitaliste. Lançons le fétichisme éthique, un bon vieux sabot possède une saveur bien plus aiguisée que ces saletés de baskets!