«Sur internet, tout le monde sera .gay for pay»

L’attribution de nouvelles extensions web fait des vagues. Un collectif mondial lgbt crie au scandale après avoir été écarté du très convoité «.gay», qui finira aux enchères.

Pas encore sur la Toile, l’extension «.gay» file déjà du mauvais coton. ICANN, la société américaine qui a la haute main sur la classification des sites web, a balayé la candidature de Dotgay LLC, un collectif mondial d’acteurs de la scène LGBT, pour l’administrer. Selon un barème complexe, l’ICANN a estimé que Dotgay n’était pas suffisamment représentatif de la communauté gay. Elle a notamment objecté que le collectif regroupait un groupe insuffisant d’individus (7 millions) et qu’il comprenait des personnes transgenres et des «alliés», selon elle sans lien direct avec le mot «gay».

Océan de porno

Résultat de ces calculs aberrants: «.gay» sera mise aux enchères. L’extension pourrait alors tomber entre les mains d’une société sans affinités particulières avec la scène gay, et désigner en priorité des sites porno, dénoncent les promoteurs de Dotgay. Il risque même d’être employé pour diffuser de la propagande homophobe. «Toute utilisation légitime de ce nom par des individus, des commerces et des organisations sera probablement noyé dans un océan de sexe, prédit le militant lgbt Marc Naimark sur le site Slate. Sur internet, tout le monde sera .gay for pay.»

Plus de 240 organisations, personnalités et médias lgbt à travers le monde, dont Pink Cross pour la Suisse, ont apporté leur caution au projet Dotgay, qui s’était engagé à reverser deux tiers de ses recettes à des organisations sans but lucratif. Un mouvement de protestation a été lancé sur les réseaux sociaux sous le mot-clé #ICANNisBroken.

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