Prof d’université adepte des thérapies de conversion

«Spectrum», magazine des étudiant·e·s à l’Uni de Fribourg, dénonce l’inactivité des autorités académiques face aux dérapages d’un membre du corps enseignant à la Faculté de théologie.

Les personnes intersexes? «Un échec de la nature.» L’homosexualité? Un produit de «traumatismes d’enfance». Le genre? «Les actes et émotions des hommes et femmes sont marquées par leur sexe biologique.» La fluidité sexuelle? Un concept «absurde»…

Ce sont quelques-unes des notions que les étudiants de la Fac de théologie de l’Université de Fribourg devront avaler cette rentré dans le cadre d’un cours hebdomadaire intitulé «Éthique sexuelle dans le catholicisme». Un·e étudiant·e anonyme raconte qu’en suivant ce module, à l’automne 2017, l’enseignant·e aurait fini par suggérer aux élèves des adresses de centres de thérapie pour «guérir» de l’homosexualité.

L’édition de septembre de «Spectrum», le magazine des étudiants de l’Université de Fribourg qui se fait l’écho de cette affaire, se garde de nommer le/la professeur·e. Mais il s’agirait d’une chercheuse américano-suisse, auteure d’ouvrage et d’essais où elle défend une vision traditionnaliste du catholicisme, notamment en lien avec le féminisme. Son cours, d’après le site de l’Uni de Fribourg, propose de «développer une compréhension adéquate de la nature humaine sexuée, en particulier dans le contexte des nombreuses attaques contre son intégrité».

Pas de quoi intervenir
Choqué·e, l’étudiant·e a tenté d’engager le dialogue avec l’enseignant·e, en vain, avant de se tourner vers un autre membre du corps enseignant, qui l’a dirigé·e vers le Service de l’égalité de l’Uni. Mais ce dernier a estimé qu’il n’y avait pas de quoi intervenir. Deux ans plus tard, le cours est toujours au programme de la Faculté de théologie.

«Il est absolument inadmissible que des propos discriminants et stigmatisants soient ouvertement enseignés et diffusés», a réagi LAGO, l’association des étudiants LGBTQIA+ à l’Uni de Fribourg, qui a déplore l’impuissance du Service de l’égalité et appelle à une récolte de témoignages sur les discriminations. Le groupe rappelle que le sujet est délicat, et expose les étudiant·e·s à des risques de représailles.

Sur Facebook, l’université a indiqué qu’elle avait entrepris de «clarifier les circonstances» de l’incident.

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