«La protection des minorités n'a pas besoin de censure»: le slogan du référendum de l'UDF contre la révision du Code pénal.

Norme pénale anti-homophobie: l’UDF pas seule dans la bataille

Des UDC se sont joints au comité «Non à la censure» qui tente de faire barrage à la modification du Code pénal adoptée en décembre par le Parlement.

«Celui qui fait une blague sur les homos se ramasse 3 ans de prison», «Loi censure» bientôt sur les porteurs de cheveux blonds, les gens de petite taille ou les personnes à faibles QI, un «danger pour les valeurs chrétiennes»… Les arguments vaseux contre l’extension de la norme pénale antiraciste à l’orientation sexuelle fusent, trois semaines après le lancement de la récolte de signature par l’UDF. Le parti cherche à recueillir 50’000 paraphes d’ici au 8 avril afin de soumettre le texte au Peuple.

Le «Tages-Anzeiger» remarque que le minuscule parti évangélique n’est pas le seul à la manœuvre. Ainsi plusieurs figures de l’UDC ont rejoint le comité référendaire. C’est le cas des parlementaires Sylvia Flückiger, Andrea Geissbühler ou Verena Herzog. L’inénarrable ex-conseiller national Toni Bortoluzzi, celui là même qui pensait que les homosexuels avaient «le cerveau à l’envers», y est aussi.

Si le premier parti de Suisse ne fait pas campagne, son président Albert Rösti dit «se réjouir» que sa section jeunes soutienne le référendum. Ce qu’elle fait au côté de groupes anti-IVG et d’officines nationalistes. A noter que sur la quarantaine de membres du comité, on ne compte qu’un seul Romand.

Malaise au PLR
Le quotidien zurichois note que le Parti libéral-radical est divisé sur la question: un tiers de ses représentants au Parlement avaient voté contre le texte lancé par le socialiste valaisan Mathias Reynard en 2013. Le conseiller aux Etats Andrea Caroni dit avoir «de la peine avec cet article»: «Contre les propos idiot, on n’a pas besoin du Code pénal mais de contrepoints intelligents.» L’Appenzellois a toutefois refusé de joindre le comité référendaire à cause de «ses arguments religieux parfois fondamentalistes».

Dans le contexte juridique actuel, les actes de haine contre les homosexuels et les propos visant à rabaisser les membres de cette communauté ne sont pas condamnables en tant que tels, comme le sont les actes et propos racistes et antisémites. La future loi permettra aux autorités d’intervenir d’office.

Contre-vérités
Au nom de Pink Cross, Roman Heggli déplore les exagérations et contre-vérités qui circulent autour du texte. «Nous n’irons pas devant les tribunaux pour une blague gay ou une remarque désagréable au comptoir du bistrot.» A ceux qui craignent de voir la norme pénale s’élargir à un nombre indéfini de minorités, la faîtière des associations gay rappelle par ailleurs que le fait que le terme d’«orientation sexuelle» est reconnue au niveau du droit international et a déjà «trouvé sa place dans les législations de cantons et communes», ainsi que dans le droit de plusieurs pays voisins.

1 comments

Ils en sont encore là ? A se demander s’il est normal de tenir des propos haineux à l’égard des homosexuels ? Pauvres suisses…

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