Vincent, Mattias et Teddy. Image: RTS

Noël sous le signe des familles arc-en-ciel

Les médias suisses mettent à l’honneur les familles homoparentales en cette période de fêtes et rappellent les lacunes dans leur reconnaissance juridique, alors que s’ouvre bientôt le débat sur le mariage pour tous.

Seul quotidien à paraître aujourd’hui, «Blick» dresse un premier bilan de la loi sur l’adoption par la/le partenaire de même sexe, entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Au moins 173 demandes ont été déposées au niveau national (dont 22 dans le canton de Genève et 20 pour la ville de Lausanne). Et encore, ce chiffre ne comprend pas les cantons de Lucerne, Zurich et Thurgovie, qui ne fournissent pas de statistiques sur le sujet, soit pour des raisons de confidentialité, soit parce que les demandeurs ne sot pas classées par orientation sexuelle.

Ces derniers jours, le «Bund» et la RTS ont consacré chacun un reportage à des familles homoparentales à l’approche de Noël, en l’occurrence deux couples d’hommes ayant eu recours à la gestation pour autrui. Au «19:30», les téléspectateurs romands ont ainsi découvert Vincent et Teddy, papas de Mattias, 1 an. «On avait peur si on racontait trop que les gens nous posent toujours ces mille questions que l’on se posait et qu’on n’avait pas besoin d’entendre encore, explique Vincent. Nous on était sûrs de rien, juste ce qu’on savait c’est qu’on allait faire tout notre possible pour que ça marche.» Dans le quotidien bernois, Ciccio et Raphaël racontent comment ils ont eu Gaia, aujourd’hui âgée de 2 ans. «Nous avons finalement été autorisés à devenir pères, mais notre mère porteuse a aussi eu une fille en quelque sorte», souligne le couple, qui maintient le contact avec la «maman de ventre». Celle-ci viendra en Suisse prochainement. Seul Ciccio, père biologique, est reconnu pour l’instant par l’administration suisse.

La fédération Familles arc-en-ciel se dit peu satisfaite de la loi sur l’adoption, rappelle «Blick». La/le parent·e non biologique n’est autorisé·e à déposé une demande d’adoption qu’au bout d’un an, une situation absurde quand le projet familial est en général élaboré à deux. Et les démarches peuvent coûter jusqu’à 4000 francs. Directrice de Familles arc-en-ciel, Maria von Känel compte bien voir la question abordée de nouveau au Parlement en 2019: «Il est central que les familles arc-en-ciel soient reconnues politique et socialement comme un modèle de famille de valeur égale.»

«L’amour c’est l’amour»
Prochaine étape pour les familles arc-en-ciel: le 14 février. Par un joli hasard du calendrier, le jour de la Saint-Valentin sera aussi celui de l’ouverture du débat parlementaire sur l’initiative «Mariage pour tous». Une manifestation est d’ores et déjà prévue devant le Palais fédéral ce jour-là. L’objectif: réclamer une reconnaissance complète, comprenant la «filiation établie d’emblée avec les deux parents et la PMA», et non «une ouverture minimaliste du mariage avec des droits parentaux différés» préconisé en commission, souligne la fédération.

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