«Slammed» est vanté comme «un reflet honnête et véritable du sexe entre hommes dans un XXIe siècle sans foi ni loi». Capture d'écran via SFGN.

Porno gay: les seringues ne se cachent plus

Un studio porno américain franchit une nouvelle étape dans l’escalade du trash. Une de ses dernières vidéos, tournée au Royaume-Uni, montre des modèles qui se droguent par injection.

Depuis le début des années 2000, Treasure Island est sans doute le studio qui exploite le plus ouvertement et de la manière la plus cynique le filon bareback. Ce studio new-yorkais, spécialisé dans l’abattage sans capote, est un habitué des scandales. Auxquels il répond par son credo: montrer le sexe sans tabou, tel qu’il serait pratiqué par des mecs qui «savent ce qu’ils font». Sa nouvelle production, «Slammed» va encore un peu plus loin dans cet esprit, en montrant à l’écran un élément qui restait jusque là hors-champ: le recours massif à l’alcool et à la drogue.

Le film, que nous n’avons pas vu, raconte l’escapade hardcore d’un Anglais vivant en Suisse (si sexuellement frustrante, comme chacun sait) vers Londres, où il prend enfin son pied comme esclave sexuel. L’usage de crystal meth, une drogue synthétique, est brièvement évoqué dans le trailer promotionnel. Le film montre carrément l’injection, selon plusieurs blogs.

Complaisance
Sur le site South Florida Gay News, un ex-acteur porno, Ryan Dixon relève que les blogs spécialisés dans le porno gay ont accueilli la production avec une complaisance tranchant avec les commentaires des internautes. L’un d’eux compare «Slammed» à un «snuf movie» glaçant. Et de s’étonner que Treasure Island ne soit pas poursuivi pour mise en danger de ses modèles. De fait, l’an dernier, le studio avait écopé d’une amende en raison des conditions d’hygiène lors des tournages et de l’absence de suivi sanitaire sur ses acteurs.

«Hygiène», «santé», «danger»: ces mots semblent dérisoires lorsque l’on suit les ébats des «sex-pigs» autoproclamés de la porcherie Treasure Island. Là encore, le studio a d’ailleurs la parade à ces reproches: il ferait dans le «documentaire». «Cette vidéo est un document fidèle à ce qui se passe autour de moi, à Londres», explique le réalisateur de «Slammed», Liam Cole, sur le blog du studio. «Je ne glorifie rien et ‘vends’ encore moins un style de vie. Je montre les choses telles qu’elles sont. […] C’est ma manière personnelle de comprendre le moment, comme un document historique.»

Du fantasme à la réalité
Sauf que le porno, ce n’est ni de la fiction ni du documentaire. C’est plutôt une machine à produire du fantasme, qu’un jour ou l’autre on sera tenté de réaliser. Sur le site de Treasure Island, un fan glorifie même cette idée: «C’est un fait que beaucoup d’hommes gay ont […] des fantasmes sur le genre d’expériences sexuelles que l’on peut avoir sous drogues», écrit «Human Behaviour». Et c’est bien en tant que telle que les vidéos sont marketées et qu’elles circulent sur internet – avec une efficacité redoutable. Treasure Island semble se livrer à une escalade dans le trash, ce qui n’ira pas sans faire des dégâts, note Ryan Dixon. «Le bareback c’est jouer avec sa santé. Ajoutez la drogue et l’alcool, et on obtient un mélange qui mène tout droit au désastre», rappelle-t-il.

1 comments

Perso ce film m’a franchement excité et je suis allé me faire défoncer dans une backroom juste après… Y’avait des mecs bourrés, le poppers bien vissé aux narines…

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