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Les gays et le second degré

La plainte déposée par des associations gays contre un sketch de la troupe d'Action Discrète, un programme satirique de Canal+, vient d'être validée par un tribunal français. De quoi douter sérieusement du sens de l'humour des homos et de redouter une dérive totalitaire du mouvement LGBT.

En février dernier, en pleine campagne pour les élections régionales françaises, les gars d’Action Discrète ont mis en place une fausse campagne du candidat Georges Frêche (vidéo), le baron controversé du Parti Socialiste dans la région Languedoc-Roussillon. Ce dernier avait été exclu du parti après de nombreux dérapages, comme les sorties douteuses sur le trop grand nombre de noirs dans l’équipe nationale de foot ou la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius. Les comiques, en caméra cachée, ont donc forcé le trait et arpenté les rues en proférant, entre autres outrages, des propos sur les juifs, les handicapés et les homos. Sans rencontrer une quelconque opposition de la part des passants. Un comble lorsque l’on sait que l’électorat de l’homme se situe plutôt à gauche de l’échiquier politique!
En entrant dans un bar lesbien, les trublions traitent la clientèle de « colleuses de timbre » et proclament que le candidat « soutient les PD et les gouines » dans un ultime geste de provocation satirique. Il n’en fallait pas plus pour que deux associations gays locales portent plainte contre Canal+. Que l’on trouve ou non le sketch rigolo, force est de constater que, bien plus que renforcer l’homophobie larvée, celui-ci la dénonce de manière exemplaire. Ceux qui se décrivent comme des « zozos » déplorent le fait que les associations n’aient pas vu pas qu’ils allaient « dans leur sens ». Cette dérive quasi totalitaire des mouvements LGBT, qui attaque sans discernement tout ce qui ne semble pas aller dans le sens de ses revendications, laisse songeur. En arguant que le message véhiculé par les humoristes vient « anéantir le travail de prévention et de sensibilisation contre l’homophobie », elles se trompent radicalement de combat et – plus grave encore – renforcent l’idée que les homosexuels se complaisent dans une logique victimaire déplacée.

10 thoughts on “Les gays et le second degré

  1. Je ne vais pas m’arrêter sur l’émission en elle-même, je vais m’arrêter aux faits pour lesquels je trouve votre résumé un peu succint.

    Il faut savoir que les « trublions de Canal+ » sont entrés dans une synagogue pour parler à des « youpins » puis dans un bar lesbien pour qualifier les personnes présentent de tous les noms d’oiseau.
    Les jeunes femmes (qui par ailleurs n’ont pas signé d’autorisation pour la diffusion d’image où elles figuraient mais là c’est un autre sujet, celui du droit à la vie privée – outing de fait ici- et du droit à l’image) se sont senties agressées dans un lieu communautaire qu’elles pensaient protégé de ce type de dérives.

    Après le passage de ce groupe qui ne s’est pas présenté, certaines jeunes femmes choquées par les injures proférées se sont légitimement retournées vers une association locale pour savoir ce qu’elles pouvaient faire. L’association à alors joué son rôle en accompagnant les victimes (car elles ont bien été victimes d’injures homophobes) dans une démarche de plainte contre X comme les y autorise la loi.

    Ce n’est qu’au moment de la diffusion de l’émission que les plaingnantes comme les associations ont pris connaissance du fait qu’il s’agissait d’une émission de télévision (car je le répète aucune autorisation ou renonciation au droit à l’image n’a été signée).

    Comme la procédure le veut, la plainte s’est donc converti d’une plainte contre X à une plainte envers les auteurs des faits ceux-ci étant désormais identifiés. (retirer la plainte n’aurait pas été judicieux à plusieurs point de vue).

    Une fois les faits rétablis ma conclusion sera :

    Tout cela ne serait certainement pas arrivé si les « humoristes » avaient fait les choses dans les règles. Une fois la séquence tournée, ils auraient du annoncer qui ils étaient et dans quel cadre ils s’étaient ainsi comportés. Je pense que dés lors, les jeunes femmes n’auraient pas été aussi traumatisées qu’elles ont pu l’être après avoir été insultées par des inconnus et laissé là sous le choque de l’agression verbale. Ceux qui ont l’habitudes de réaliser des caméras cachées savent qu’à la fin de la séquence, il est nécessaire d’annoncer qu’il s’agissait d’une émission télévisée humoristique. L’humour ne permet pas tout. A mes yeux il s’agit ici d’une faute professionnelle du à l’amateurisme des auteurs.

    ► « Cette dérive quasi totalitaire des mouvements LGBT, qui attaque sans discernement tout ce qui ne semble pas aller dans le sens de ses revendications, laisse songeur »

    Cette affirmation c’est vraiment du n’importe quoi… cela me laisse moi aussi songeur qu’en à la qualité de votre enquête alors que les faits sont connus et datent de plusieurs mois. Il n’était pas bien difficile de s’informer sur la réalité des faits.

    Oublions le fait qu’il s’agissait d’une émission télévisée (ce qui n’a été su qu’à posteriori) et contentons nous des faits : est-il acceptable qu’un groupe entre dans un lieu public pour y insulter les personnes présentes ? en l’espèce 5 hommes entrant dans un bar lesbien pour qualifier les jeunes femmes présentes de « colleuses de timbre », de « gouines » et autres noms d’une grande délicatesse ?

    Pour ma part la réponse est non.

  2. Vous avez raison de préciser que la première plainte, puisque le sketch était tourné en caméra cachée, a été déposée contre X. Mais les associations l’ont tout de même maintenue lorsqu’elles ont appris qu’il s’agissait d’une émission de Canal+, point sur lequel j’ai basé ma critique. Et si les faits datent effectivement de plusieurs mois, la plainte vient d’être validée par un tribunal et s’inscrit dans une série d’affaires touchant des humoristes. Il me semble dès lors important d’interroger la pertinence d’une telle démarche qui, à mon sens, est contre productive. Le point de vue contradictoire que je vous apportez permet donc de lancer le débat.

  3. Bien entendu que la plainte a été maintenue pour la simple et bonne raison que les faits sont là et caractérisés. D’un point du vue juridique cela se défend tout à fait. Pour preuve, la plainte vient en effet d’être jugée recevable. Ceci n’aurait certainement pas été le cas si les membres de l’émission avaient fait les choses dans les règles et averti de la nature de leur démarche.

    Ensuite, retirer la plainte aurait attiré le ridicule sur les plaignantEs et les associations qui les ont soutenu dans leur démarche. Pour la simple et bonne raison qu’il leur aurait été reproché d’avoir réagit pour rien…. ou si peu. En retirant la plainte, les unEs et les autres auraient de facto admis que les faits en questions n’étaient en rien offensant… Le maintient de la plainte est donc totalement justifié ne serait-ce que par le fait que les propos tenus ont choqué les personnes qui les ont reçu comme des injures adressées à titre personnel. En passant, les associations LGBT ne sont pas les seules à avoir réagit et il me semble que d’autre poursuite sont en cours (notamment pas des associations de défenses des personnes handicapées).

    Les associations sont également dans leur droit de s’insurger contre le fait que de tels propos soient tenus sans aucune mise en contexte et sans aucune explication. Je ne suis pas certain qu’un enfant de 8 ans comprenne le 2nd degré du « reportage ». Tout ce qu’il retiendra ce sont les propos proférés à la télé : pédé, gouine, enculé, colleuse de timbre… et « si à la télé ils ont le droit de le faire/dire, moi aussi j’ai le droit de le faire/dire ». Il est donc en effet possible qu’une telle émission aille à l’encontre des initiatives des associations dans le domaine de la prévention de l’homophobie.

    Enfin, vous parlez d’une « série d’affaires touchant des humoristes ». Certes en France aujourd’hui les humoristes ne sont pas à la fête. Mais cela ne vient en rien d’attaque (sic) de la part d’associations LGBT. Dieudonné est poursuivi pour des propos anti-sémites et négationnistes, Stéphane Guillon et Didier Porte ont été limogés sous pression de l’Élysée et de membres du gouvernement… nous sommes bien loin du sujet qui nous préoccupe. Il ne faut pas faire d’amalgame. A ma connaissance, « Action Discrète » est le seul cas de poursuite d’humoristes par une association LGBT. Votre argument ne tient donc pas.

    Par ailleurs, en affirmant que les associations LGBT portent plainte à tort et à travers, vous nuisez à la légitimité et à la crédibilité de toutes les poursuites judiciaires entamées par des associations LGBT. Les exemples ne manquent malheureusement pas : de Vanneste à Le Pen en passant par Gérard Longuet et les webmaster de sites catholiques intégristes que je ne nommerais pas. Plus proche de nous, il me semble qu’une plainte est en cours à l’encontre d’une jeune politicien (sic). Ces plaintes sont-elles également injustifiées ? voir contre productives ?

  4. Je suis toutefois content de voir que la question posée, à savoir la mesure dans laquelle le recours à la voie juridique est pertinent pour limiter ou encadrer la liberté d’expression, fait réagir. Je continue pour ma part de penser que certaines plaintes émanant d’associations LGBT tendent à instaurer un climat de surveillance que je ne cautionne pas. Par rapport à l’affaire suisse évoquée par Tazman, j’applique en effet le même raisonnement et crois véritablement qu’il s’agit de se montrer vigilant par rapport à la juridicisation de l’action politique ou sociale.

  5. @ Gille :

    Quand le débat politique est impossible, la voie juridique est souvent la seule solution. Cela se voit au quotidien pour des affaires d’union homosexuelle voir de mariage, d’homoparentalité… et tout ce qui entoure ces cadres juridiques encore trop souvent refusés aux LGBT (sachant que les trans ont par ailleurs de problèmes plus spécifiques afférant à la transition que ce soit d’un point de vue médical que d’un point de vue administratif).

    Vous parlez d’un climat de surveillance. Il ne faut pas non plus devenir parano. Mais il est un fait que dés lors que l’on vit en société, on accepte les règles de celles-ci et parmi celles-ci figure le respect. L’injure n’est donc pas acceptée car elle pourrait remettre en cause l’ordre public.

    Enfin, pour ce qui est plus spécifiquement de l’affaire suisse : quelle autre action eut été possible ? Encore une fois accepter l’injure publique ? S’en émouvoir dans le cadre restreint des associations, des lieux et des media LGBT ? A mes yeux, une offense publique doit faire l’objet d’une réparation publique et celle-ci passe soit par des excuses publiques(en l’espèce je crois que l’on aurait pu attendre longtemps) soit par la justice qui établira la culpabilité de l’auteur des faits incriminés.
    Dans les 2 cas l’objectif reste le même : montré que de tels propos ne sont pas acceptable. Je pense que c’est un exemple beaucoup intéressant à donner aux enfants que cette émission qui veut faire de l’humour … mais sans se soucier des conséquences de ses actes et de ses propos.

  6. Pour ma part, je dirais aussi que les acteurs de l’emission auraient effectivement du etre plus pro et finaliser un peu mieu les choses.
    mais faut arreter aussi, que les plaintes soient deposées est tout a fait legitime mais elles auraient dû etre retirées!
    on est pas des enfants de 8 ans tazman,on peut etre plus logique aussi. si les associations étaient parfois moins braquées et arretaient de montrer les dents on pourrait peut-etre avancer un peu mieux
    pour moi, je pense qu’elles avaient là l’occasion de rebondir en retirant la plainte pour mieux se mettre en avant en communiquant aussi sur leurs actions. l’impact mediatique est plus étendu et positif
    finalement je suis d’accord avec cet article

  7. @ sly

    Nous n’avons plus 8 ans certes … mais la natalité n’a pas encore atteint le zéro absolu si bien qu’il existe encore aujourd’hui des enfants en bas âge.

    Pour ce qui est du retrait éventuel de la plainte, j’ai déjà expliqué le pourquoi du refus de la part des associations : les faits ont bel et bien été commis.

    Si demain je prends ma voiture, j’écrase un piéton et je m’enfuis.
    Puis finalement, on me retrouve et (contraint et forcé) je présente mes excuses. Est-ce que cela suffit à réparer le mal fait à la victime ?

    Les lois sont ainsi faites : lorsqu’une faute est commise et que celle-ci porte préjudice à quelqu’un, il doit y avoir réparation.

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