Monde Arabie saoudite

Bloggeur yéménite en danger de mort pour avoir défendu la cause LGBT

30 juillet 2020

Mohamad al-Bokari.

Il avait simplement exprimé le droit des homosexuels à vivre libres. Mohamad al-Bokari, 29 ans, est en prison en Arabie saoudite et menacé d’expulsion vers un pays en guerre.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se mobilisent en faveur de Mohamad al-Bokari. Ce Yéménite de 29 ans, réfugié clandestin en Arabie saoudite, a été arrêté à Riyad en avril pour «violation de la morale publique» et «imitation des femmes». Son crime: avoir publié sur le Net une vidéo où il défendait l’homosexualité. «Chacun a des droits et devrait être libre de les exercer librement, y compris les personnes gay», y déclarait-il.

Human Rights Watch (HRW) a lancé un appel pour sa libération après qu’un tribunal saoudien l’a condamné à 10 mois de prison, le 20 juillet. La peine est assortie d’une expulsion vers le Yémen. Ce pays en guerre civile, Mohamad al-Bokari l’avait fui en juin l’an dernier, sous la menace de groupes armés qui le harcelaient en raison de son expression de genre. Le jeune homme est actuellement détenu dans la prison d’al-Malaz, à Riyad. Ses compagnons de cellule l’auraient qualifié d’«adorateur du démon» et menacé de mort. Atteint de problèmes cardiaques, il serait en outre privé d’assistance médicale et juridique.

Des «progrès» douteux

Malgré des avancées dans le domaine des droits des femmes, notamment, le royaume continue d’appliquer la charia non écrite pour condamner les personnes suspectées d’homosexualité. Un «crime» théoriquement passible de la peine de mort.

«L’Arabie saoudite vante ses ‘progrès’ à grands renforts de campagnes de relations publiques. Or envoyer en prison quelqu’un qui prononce un discours pacifique et ordonner sa déportation vers le Yémen, où la vie du prévenu est en danger, montre à quel point ces progrès sonnent creux», estime Rasha Younes, chercheuse à HRW.

Une pétition lancée par Amnesty International au début du mois du mois de juillet a déjà recueilli plus de 12’000 signatures.

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