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Polémique autour des thérapies censées «guérir» de l’homosexualité

Une enquête du quotidien italien Liberazione dénonce les agissements de psychologues prétendant «guérir» l’homosexualité… avec le soutien de l’Eglise catholique.

Pour les besoins d’une enquête parue le 23 décembre dans les colonnes du quotidien communiste Liberazione, le journaliste Davide Varì s’est glissé dans la peau d’un homme marié homosexuel cherchant de l’aide auprès de l’Eglise catholique. Tout commence par un contact avec un prêtre, qui le dirige vers un psychologue romain, Tonino Cantelmi. Proche de l’Eglise catholique, ce dernier dirige un «Institut de thérapie cognitive interpersonnelle» empruntant aux théories de la NARTH, une association de psychologues américains pour la promotion de prétendues «thérapies réparatrices». Varì entame alors un «traitement» de six mois au cours duquel on lui suggère que son homosexualité est suscitée par un ensemble de facteurs psychologiques et sociaux, notamment le conflit avec sa mère et l’absence de son père (éléments pourtant inventés de toute pièce par le journaliste). Cantelmi et ses assistants tentent de convaincre le patient que son homosexualité est «légère», et donc facilement curable.

Activisme
Décrivant les explications et tests de personnalité simplistes qu’on lui soumet, Varì remarque avec écœurement l’obsession des trois thérapeutes qu’il rencontre pour les aspects «techniques» des rapports homosexuels: «Personne n’a cherché à connaître mes émotions face à ces relations», constate-t-il. «Il est possible que rien d’autre ne les intéressent que le nombre de pénétrations ‘subies’.» Plus grave, le journaliste de Liberazione met en évidence l’activisme de ces psychologues à l’égard des adolescents et de leurs parents: «Je pense à la pression que peut subir un jeune de 15-16 ans en train de découvrir sa propre sexualité. La préoccupation, même de bonne foi, des parents et la décision de tout faire pour refermer cette découverte plutôt que de l’accompagner et la soutenir», écrit-il.

L’enquête de Liberazione, qui relève également le soutien discret de l’Eglise catholique à ce réseau «thérapeutique», a suscité des réactions contrastées en Italie. Dans La Stampa, une sénatrice n’a pas hésité à saluer «l’excellent travail» du Dr. Cantelmi – en dénonçant au passage le «lobby homosexuel» responsable selon elle de la radiation de l’homosexualité de la classification des maladies mentales. De son côté, l’Arcigay (principale association LGBT italienne) par la voix de son président Aurelio Mancuso, en appelle à l’Ordre national des psychologues pour qu’ils «fassent cesser immédiatement ces pratiques dangereuses de conditionnement». En outre, Mancuso demande à la Ministre de la santé Livia Turco de clarifier le soutien apporté par l’Etat à l’institut du Dr. Cantelmi.