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Un pari qui vaut bien une messe!

«L’Eglise de base gay et lesbienne» bâtit des ponts entre les Eglises et les personnes LGBT. Impressions de l’une des célébrations œcuméniques organisées depuis 16 ans par cette communauté.

A Bâle, l’Elisabethenkirche n’est pas tout à fait un temple comme un autre: c’est une «église ouverte», centre culturel, social et spirituel qui accueille aussi bien DJ et sono pour la fête du 1er décembre que des services œcuméniques. Parmi ces derniers, le plus régulier est celui de la Lesbische und Schwule Basiskirche. Une Eglise gay et lesbienne? L’idée a souvent fait bondir – sans doute moins dans les milieux religieux qu’agnostiques. Pourtant cette «église de base» n’est rien de plus qu’un groupe de laïcs initiant des activités et réflexions spirituelles inspirées de leur propre vie et expérience. «On parle plus d’acceptation de soi que de sexualité ou d’homosexualité. Ce thème est tantôt présent, tantôt implicite», me précise Dörthe, la jeune femme énergique qui a préparé la célébration mensuelle de la LSBK qui a lieu ce soir.

Pas de chasuble arc-en-ciel à l’horizon: la LSBK n’a ni prêtre, ni pasteur attitré. Chaque mois, un-e pasteur-e ou un prêtre de la région est invité à venir célébrer l’eucharistie, puis partager le Teilete, l’agape en forme de buffet canadien qui suit le service religieux. Un dialogue se noue ainsi «à la base», entre prêtres et pasteurs d’une part (malgré le refus catégorique de certains), et laïcs gay et lesbiennes de l’autre. Quant aux autorités religieuses… «On se connaît», indique simplement Dörthe avec un sourire appuyé. «Ils savent qui nous sommes. Et nous, nous ne pratiquons pas de forcing pour nous imposer.» Signe que l’affaire reste délicate, le prêtre catholique qui officie ce soir me fait comprendre qu’il ne souhaite pas donner de publicité à sa venue.

Privilège
Catholiques ou protestants, les fidèles de la LSBK sont environ 70. Parmi eux Urs, un sympathique quadragénaire: «Est-ce que j’ai la foi? Pas vraiment, je crois. C’est une réflexion spirituelle plutôt.» «Appelé tardif», Urs raconte qu’il a été marié. Père de deux filles, il a eu de «grands problèmes avec lui-même» que le rapprochement avec la LSBK a contribué à faire surmonter. Mais autant que la prière ou la liturgie, c’est la chaleur humaine qui règne entre les fidèles qui lui importe. Ce soir, ils sont une vingtaine d’hommes et femmes à part presque égale, entre 25 et 60 ans. Les échanges sont cordiaux, les rires fusent, avant que les fidèles ne prennent place en demi-cercle autour du prêtre pour entonner le chant, accompagné au piano.

Le service se révèle être une messe catholique relativement classique, qui s’achève sur une communion en bonne et due forme. Quelques personnes y assistent depuis les bancs arrière. Sont-elles gay ou lesbiennes? se sont-elles aperçu de la spécificité du service? Peu importe: la communauté est ouverte à tous. «En tant que célébration officielle dans une église officielle», résume Martin, autre pilier de la LSBK, «nous sommes en quelque sorte privilégiés de proposer un accès aussi facile, aussi bien vers l’Eglise que vers l’épanouissement en tant que gay ou lesbienne.»

> Lesbische und Schwule Basiskirche Basel – prochaine célébration le 16.12 à 18h. à l’Elisabethenkirche; Elisabethenstr. 10 – Bâle www.lsbk.ch
> En Suisse romande, le groupe œcuménique LGBT C+H se réunit un mardi par mois, habituellement dans les locaux de Dialogai, et organise des célébrations. Infos : www.dialogai.org ou par e-mail : ch_homo (at) hotmail.com
>www.parmi-vous.ch: Portail Internet de LOS et Pink Cross consacré aux religions