Monde États-Unis

Des trolls mettent K.-O. la Pride de TikTok

27 juin 2020

Le zoombombing a démarré dès le discours de bienvenue de la responsable US de TikTok.

Le réseau social controversé espérait redorer son blason auprès du public LGBTQ+, jeudi. Mais l’événement a tourné au fiasco instantané à la suite d’un «zoombombing».

Les manifestations virtuelles de la fierté LGBTQ+ ne sont pas à l’abri des perturbateurs. À l’avant-veille de la Global Pride, un autre événement, organisé par le très populaire réseau social TikTok, a fait long feu, jeudi. MyPride devait réunir sur la plateforme Zoom des créatrices et créateurs de contenus et des associations tout au long de la journée, pour des discussions et ateliers. Mais la diffusion a été interrompue au bout de quelques minutes. Une invasion de trolls a inondé le chat de propos violemment racistes et homophobes et de messages pro-Trump, parasitant le discours de bienvenue.

TikTok a communiqué quelques heures plus tard, déplorant l’intervention de «quelques mauvais acteurs» et les «commentaires blessants et malveillants».

Du côté des créatrices et créateurs invité·e·s, le fiasco laisse toutefois un goût très amer. Non seulement TikTok les a laissé·e·s poireauter dans l’attente d’une hypothétique reprise de la transmission, mais l’entreprise a failli dans sa sécurisation de l’événement. Elle aurait notamment invité par erreur un troll, qui se serait empressé de partager le lien de connexion avec d’autres semeurs de haine, soulignent les performers.

Shadowbanning

Certain·e·s ne sont pas surpris·e·s, comme @ikisspuppy, qui confie à Business Insider: «Je n’ai jamais cru dans l’idée de “soutien” (de TikTok envers les LGBTQ+, ndlr.). C’est assez évident qu’ils s’en fichent. Ils recourent au shadowbanning des contenus LGBTQ+. Et s’ils ont miraculeusement fini par organiser cet événement, c’est parce qu’ils ont subi un fort retour de bâton.»

Le trailer de MyPride:

De fait, le réseau social, propriété du groupe chinois ByteDance, est accusé de censure indirecte sur certains contenus sensibles aux yeux de Pékin, notamment à caractère politique et queer.

L’annulation de MyPride soulève également le problème récurrent des zoombombing pour la plateforme de visioconférence Zoom, déjà critiquée pour des questions de protection de la vie privée. Depuis le début de la pandémie, des interventions de trolls ont déjà affecté des cours en ligne, des services religieux ou des meetings des Alcooliques anonymes aux États-Unis.

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