Monde Italie

Les LGBT italiens, porte-paroles des oubliés du déconfinement

28 avril 2020

Photo d'illustration. P.L. Cassarino/Flickr (cc-by-sa-2.0).

L’assouplissement des restrictions de circulation en Italie prévu pour le 4 mai fait l’impasse sur les couples non reconnus par l’État. Une «hiérarchie des sentiments» qui discrimine notamment les couples gay et lesbiens, ainsi que les familles arc-en-ciel.

Après un mois et demi de confinement strict dans le pays le plus durement frappé d’Europe par la pandémie, le gouvernement Conte a annoncé lundi la «phase 2» de son plan de retour à la normale. Il prévoit entre autres que dès le 4 mai, les déplacements entre régions seront autorisés, mais uniquement pour les «membres de la famille» pouvant attester de liens «de sang ou acquis».

Or, cette condition laisse sur le bord de la route de nombreuses personnes, notamment les conjoints de même sexe n’ayant pas contracté une union civile – possibilité ouverte aux concubins homosexuels et hétérosexuels en 2016. Pour l’Arcigay, principal réseau d’associations LGBTQ+ transalpin, «cela représente une intervention inédite et inacceptable de l’État», qui définit de fait une «hiérarchie des sentiments», déclare Gabriele Piazzoni, secrétaire général de la fédération, cité par «Il Messagero».

Au-delà des liens juridiques et de sang
La critique est relayée au sein du Parti démocrate, qui fait partie de la coalition au pouvoir. La sénatrice Monica Cirinnà, «mère» des unions civiles, rappelle qu’«il existe des relations importantes qui vont au-delà des liens juridiques et de sang, et qui traversent les frontières régionales». Et de citer «les familles séparées, les couples qui n’habitent pas ensemble et les familles arc-en-ciel non reconnues».

L’oubli des réalités LGBTQ+ dans le décret du gouvernement est une forme de «discrimination», a pour sa part estimé Fabrizio Marrazzo, du Gay Center de Rome. Il rappelle que le cadre familial est souvent vécu comme oppressant. «Beaucoup de personnes dans notre communauté sont isolées au sein de leur propre famille et ont construit leur vie sur un réseau d’amitiés qui se substitue et compense le manque d’affection.»

Plus d’infos: arcigay.it

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