Photo: Stonewall.org.uk

«Les droits des trans ne se font pas au détriment de ceux des lesbiennes, gays et bi»

Après le lancement d’un groupe «LGB» dissident de l’organisation LGBTQ+ britannique Stonewall, le mouvement resserre les rangs.

L’influente organisation britannique Stonewall est-elle en train de se fissurer? Plusieurs médias du Royaume, dont «The Times» et «The Telegraph» ont rapporté cette semaine l’apparition d’un groupe dissident, LGB Alliance. «LGB» tout court, pour «lesbiennes, gays et bisexuels»… sans le «T» de trans ou le «Q» de queer. Ce mouvement semble émerger à la suite de tensions apparues ces dernières années au sein du mouvement LGBTQ+ britannique, notamment dans les groupes lesbiens et féministes qui contestent la place prise par les personnes trans* et les questions d’identité de genre.

Lancée par l’avocate Allison Bailey, LGB Alliance est apparue sur les réseaux mardi, assorti d’une collecte de fonds et d’un site web. Ce dernier proclame le credo de la nouvelle organisation: «L’homosexualité est l’attraction pour le même sexe. Le sexe biologique est réel. Le sexe est binaire, pas un spectre. Le genre est une construction sociale.» LGB Alliance, qui dit viser un lancement officiel en janvier prochain, comptait plus de 6000 followers vendredi.

Base hétéroclite
Le retour de bâton a été immédiat. Le compte de LGB Alliance a rapidement été submergé de critiques. De nombreux internautes ont relevé que LGB Alliance recrutait largement dans la communauté cis-hétéro, voire parmi des personnalités proches des lobbies chrétiens conservateurs, et que ses soutiens relayaient avec complaisance des fake news sur le prétendu prosélytisme trans dans le domaine de l’éducation, ainsi que sur l’«extrémisme de genre».

«Soyons clairs: le vrai idéologie de genre extrême est de nature binaire et coloniale. C’est celle qui est imposée aux peuples indigènes à travers le monde, effaçant des milliers de systèmes alternatifs genre-sexe. C’est elle qui est responsable d’innombrables meurtres de personnes trans et gender variant, et qui répand le mythe que nous sommes une nouveauté», a réagi l’activiste LGBTQ+ Alok Vaid-Menon sur Instagram, cité par «Out».

Diviser
Sous le hashtag #LGBTQFamily, l’animatrice radio Sarah O’Connell a balayé l’argument selon lequel lesbiennes, gays et bis seraient pris en otage par les revendication trans. Selon elle, LGB Alliance est le dernier avatar en date d’un «groupe petit, mais richement doté, qui tente obsessionnellement de diviser la communauté».

«Cela devrait être une évidence criante: les droits des trans ne se font pas au détriment des droits de lesbiennes, des gays et des bisexuels», résume Jake Hall, dans une tribune publiée par le Huffington Post UK. «LGB Alliance va continuer à colporter sa transphobie à peine voilée, mais la déferlante de solidarité dans les médias sociaux enverra, espérons-le, un message rassurant aux communautés trans: malgré une petite mais bruyante minorité les LGBT, nous allons continuer à nous battre pour vos droits comme vous pour les nôtres.»

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